La cybercriminalité: un phénomène qui fait perdre des milliards de dollars pour l’Afrique subsaharienne

La société américaine McAfee, spécialisée dans la protection contre les attaques informatiques, en partenariat avec le think tank Center for Strategic and International Studies (CSIS), viennent de publier un rapport sur la cybercriminalité en Afrique. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les chiffres font froid dans le dos. La fraude informatique a fait perdre aux pays d’Afrique subsaharienne quelque trois milliards de dollars par an, soit 0,20% du PIB de la région.

Selon le même rapport, la région Moyen-Orient-Afrique du Nord (MENA) perd, quant à elle, 5 milliards de dollars par an en raison des cyber-fraudes et des attaques informatiques.

Les plus grosses pertes sont cependant enregistrées dans la région Asie de l’Est & Pacifique (200 milliards de dollars par). Viennent ensuite l’Europe et l’Asie centrale (180 milliards de dollars par an), l’Amérique du Nord (175 milliards), l’Amérique latine et les Caraïbes (30 milliards) et l’Asie du Sud (15 milliards).

A l’échelle mondiale, la cybercriminalité coûte désormais 608 milliards de dollars par an, un chiffre en augmentation en raison de la compétence grandissante des pirates et l’essor des crypto monnaies. McAfee et le CSIS avaient évalué ce coût à 445 milliards en 2014.

« Nous ne nous attendions pas à une augmentation aussi spectaculaire. », a déclaré à la presse internationale, James Lewis, expert en cyber-sécurité et vice-président du CSIS.«Le numérique a transformé à peu près tous les aspects de notre vie, notamment la notion de risque et la criminalité, de sorte que l’activité criminelle est plus efficace, moins risquée, plus rentable et plus facile que jamais.», a souligné de son côté Steve Grobman, expert de McAfee.

En ce qui concerne l’origine des cybercriminels, la palme revient à la Russie grâce au niveau de ses hackers et à son mépris pour les autorités policières des pays occidentaux.« La Corée du Nord vient en deuxième position, utilisant les cryptomonnaies pour financer son régime, mais nous voyons aujourd’hui un nombre grandissant d’autres centres de cybercriminalité (…) comme le Brésil, l’Inde et le Vietnam.», précise le vice-président du CSIS.

L’étude révèle par ailleurs, que le vol de propriété intellectuelle a représenté environ un quart du coût total de la cybercriminalité en 2017.

Revenant à l’Afrique, l’Égypte, l’Afrique du Sud, le Maroc, la Tunisie ou encore l’Algérie figurent parmi les pays africains les plus vulnérables à la cybercriminalité. Les principales victimes en sont les entreprises mais aussi les particuliers, à travers les mobiles. Et à McAfee de regretter les nombreuses failles dans les politiques africaines de prévention et de défense.

Que ce soient les États, au niveau législatif, ou les entreprises, au niveau des dispositifs de sécurité, l’intérêt de mettre en place des systèmes de protection efficaces est évident.

« Non seulement les entreprises dépensent pour le nettoyage des logiciels malveillants, mais elles doivent également prendre en compte les coûts engendrés par la perte de productivité, la perte de données, ainsi que la recherche et la gestion post-incident », explique Pekka Usva, vice-président de la division Corporate Security de l’entreprise finlandaise F-Secure.

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