Gabon : il est désormais possible d’être candidat à l’élection présidentielle à 18 ans

A l’issue du conseil des ministres tenu ce 23 février sous la présidence du chef de l’Etat Ali Bongo, le gouvernement gabonais a pris une ordonnance qui ramène désormais à « au moins 18 ans révolus » l’âge pour être candidat à l’élection présidentielle. « Sont éligibles à la présidence de la République tous les Gabonais âgés de 18 ans révolus, jouissant de leurs droits civils et politiques et n’ayant exercé des responsabilités politiques dans un pays étranger », peut-on lire à l’article 2 de l’ordonnance prise par le gouvernement.

Cette nouvelle décision rompt avec les dispositions constitutionnelles fixées il y a plus de vingt ans. En effet, la constitution gabonaise de 1997 déclarait : « Sont éligibles à la présidence de la République, tous les Gabonais des deux sexes jouissant de leurs droits civils et politiques, âgés de 40 ans au moins ». Désormais, cela n’est plus de vigueur. Et cette situation est dénoncée par des poids lourds de l’opposition qui préfèrent s’en moquer. « C’est une petite diversion. Ça prête à sourire, mais ça ne nous fait pas vraiment avancer », a déclaré Guy Nzouba Ndama, ancien président de l’Assemblée nationale et ancien membre du parti au pouvoir. Guy Nzouba Ndama a depuis rejoint les rangs de l’opposition.

Financement de la campagne de tous les candidats

Si l’âge de 18 ans révolu dorénavant requis surprend plus d’un, les autorités gabonaises ont indiqué qu’il s’agit d’harmoniser l’âge de la majorité civile qui est de 18 ans. Concrètement, cet âge permet d’être électeur et par conséquent de prétendre briguer un mandat ou se faire élire à un poste de responsabilité, notamment la présidence de la République. « L’âge de 18 ans n’est pas une obligation. Mais si, à 18 ans, quelqu’un estime qu’il est assez mature pour prétendre à la fonction suprême, il pourra toujours essayer. Comme on dit : aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années », a déclaré Alain Claude Bilie By Nze, porte-parole du gouvernement.

La nouvelle ordonnance prévoit d’autres nouvelles dispositions de candidature à l’élection présidentielle. Entre autres le financement des campagnes de tous les candidats et l’interdiction d’utilisation des moyens de l’Etat par un candidat. L’ordonnance n’a pourtant pas fixé une nouvelle caution de candidature. La somme de 20 millions de FCFA reste dans le texte. Le maintien de cette caution que beaucoup jugent très élevée est d’autant plus critiqué que des acteurs de l’opposition ne cessent d’évoquer le coût de vie élevé dans le pays. A ce jour, le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) au Gabon est de 144000 FCFA.

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