Egypte: une chanteuse écope de six mois de prison après une blague sur le Nil

Sherine Abdel Wahab, la chanteuse égyptienne à succès dans le monde arabe, est allée d’une blague sur la qualité de l’eau du Nil. Les faits remontent à près d’un an, en marge d’un concert de l’artiste aux Emirats arabes unis. Mal lui en a pris ! Les autorités de son pays ont trouvé cette plaisanterie de mauvais goût. Ils viennent de la condamner à six mois de prison, selon de nombreuses sources.

D’après les médias, la peine a été prononcée mardi 27 février par un tribunal du Caire. La justice égyptienne lui reproche d’avoir « diffusé de fausses informations » et « troublé l’ordre public ». La peine de prison proférée est toutefois suspensive le temps de l’appel, moyennant le versement d’une caution de 5 000 livres égyptiennes (environ 150 000 F CFA).

Ce que la chanteuse ne savait pas, c’est que les instances judiciaires de son pays l’avaient dans le collimateur après sa chanson à succès « Avez-vous bu l’eau du Nil ? ».

Les journaux rapportent qu’il y a quelques mois, des internautes avaient partagé sur les réseaux sociaux une vidéo d’un concert aux Emirats arabes unis où un fan demandait à la star de chanter « Avez-vous bu l’eau du Nil ? ».« Tu attraperais la bilharziose », avait-elle répondu, en référence à une maladie provoquée par des vers parasites présents dans certaines eaux douces. « Bois de l’Evian, c’est mieux ! », avait-t-elle plaisanté.

L’affaire a pris une tournure désagréable au point où le syndicat des musiciens d’Egypte a annoncé un temps qu’il interdirait à la chanteuse de se produire sur scène dans le pays. Le Nil est un sujet sensible au pays des pharaons. Sherine l’apprendra à ses dépens.
L’exécutif craint pour son approvisionnement en eau depuis la construction d’un grand barrage par l’Ethiopie.

Les discussions entre les deux pays, ainsi qu’avec le Soudan, piétinent.Le grand fleuve revêt une grande importance pour le gouvernement qui a récemment mis en place une nouvelle loi avec des peines de prison « en cas de pollution du Nil et en cas de gaspillage d’eau potable à travers une consommation irrationnelle».

Le sujet de la bilharziose, une maladie parasitaire qui sévit effectivement dans le pays, évoqué par la star, peut avoir un impact sur la relance du tourisme.

Engluée dans la polémique, Sherine Abdel Wahab a présenté ses excuses. L’affaire n’est pas sans rappeler celle de Leïla Ameret Shyma, une autre chanteuse égyptienne. Bien avant l’actrice, ses deux camarades musiciennes ont, elles aussi, subit le courroux des tribunaux du Caire, en janvier dernier, même si les raisons diffèrent.

Et à chaque fois avec la bénédiction du président du Syndicat des musiciens, le chanteur Hany Shaker, connu pour ses positions conservatrices.

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