Dossier/ Togo : mieux comprendre le MPL, le benjamin des partis politiques

L’échiquier politique togolais s’enrichit. Le nombre de partis politiques augmente de nouveau. Après le Parti du Peuple pour l’intégrité (PPI), c’est le MPL qui fait une entrée qui ne passe pas inaperçue. Dans les tractations du dialogue, que vient chercher un nouveau parti  se demandent certains ?

De supputations en supputations, quelques faits sèment le doute dans les esprits. Affirmant vouloir axée sa politique sur la création de richesse, la réduction de la pauvreté, beaucoup se demandent pourquoi ne pas créer une ONG plutôt qu’un parti politique ?

Parti politique ou organisation non-gouvernementale?

Le Mouvement pour la Liberté en affirmant vouloir créer une ONG se démarque d’une manière ou d’une autre de ce qu’aurait du attendre la masse de lui. Il compte ainsi ajouter aux activités politiques ; les activités humanitaires de l’ONG togolaise, la « Fondation Les Enfants de la Liberté au Togo », pour dit-on « maximiser l’adhésion populaire électorale au Mouvement Les Enfants de la Liberté qui concerne le volet politique. Le parti évoque sans langue de bois, la promotion d’un travail rémunérateur pour tous avec l’aide et la garantie de l’Etat pour assurer à chacun un changement dans sa vie. C’est ce qui fait l’originalité du parti à s’en fier aux propos de ses initiateurs.

 

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Une réforme coopérative  agricole est envisagée pour arriver à fournir 2 millions d’emplois aux Togolais puisque ce domaine occupe 80 % de la population. Il s’agira de rétablir les relations entre le Togo et Israël afin de bénéficier pleinement de leurs expertises dans le domaine agricole.

En sus de cela, la proposition de faire du Togo, un offshore informatique et électronique n’est pas à passer sous silence puisque cela va conduire le Togo à devenir champion de l’économie du savoir en Afrique. Des créations d’activités industrielles dans la zone franche de Lomé ne sont  pas à exclure. L’ambition est de produire des biens de consommations pour prendre d’assaut le marché nigérian riche de ses 200 millions de consommateurs.

Pour Innocent Wotoglo, journaliste pour une radio de la place, cela n’a rien de mal qu’un parti politique décide d’axer ses actions dans tel ou tel secteur. A l’en croire, cela est plutôt  une question de stratégies, mieux une question plus ou moins interne relavant de la feuille de route dudit parti. « C’est une stratégie pour maximiser l’adhésion électorale et nous savons ce que c’est qu’une action humanitaire. C’est une innovation. Les responsables ont absolument pensé à ce qu’il faut faire pour se démarquer. Point n’est besoin de dire que c’est le rôle du parti mais plutôt sa stratégie pour offrir quelque chose de particulier au Togolais », précise-t-il.

Pour Réné Améoto, chargé de communication du MPL, la  particularité du parti est de coupler la politique au social. Il révèle que le parti était il y a de cela quelques années, une Organisation Non-Gouvernementale (ONG) connue sous le nom de GTEN. A force d’être observateurs de la vie politique, les responsables ont bien voulu se mettre au service de leur pays.

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Pascal Kossivi Adjamagbo, Président National du MPL (ABLODEVIWO)

 Quid des liens avec les ténors ?

Le fait pour le président du nouveau parti de porter le même nom que Brigitte Adjamagbo , présidente de la coalition des 14 partis de l’opposition fait réfléchir plus d’un.  Certains vont plus loin en essayant de trouver un lien entre la situation actuelle  et la tenue du dialogue politique togolais.

Cependant aucune information complémentaire n’a circulé à ce jour pour savoir les relations  qui existent entre Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson. Certains vont plus loin en essayant de trouver un quelconque signe de soutien de l’un vers l’autre. Mais, peine perdue, rien jusqu’à preuve du contraire ne prouve qu’ils sont en de bons termes, se considèrent comme des adversaires politiques ou si l’un est le bouclier sur lequel s’appuie l’autre. Autant de suspicions qui restent sans réponses.

Que sont-ils entrain de préparer se demandent certaines voix ? Les premières supputations affirmeraient que cela est fait à dessein. Autrement dit, il est improbable qu’à quelques jours du dialogue politique prévu pour le 15 février prochain, un proche de la première dame de l’opposition décide de se jeter dans la lutte politique. Nul ne sait s’il serait venu pour saper la lutte, morceler les voix aux prochaines élections ou  ravir la vedette au Parti National Panifricain de Tchikpi Atchadam ou à la Coalition des 14 du chef de fil de l’opposition Jean-Pierre Fabre et Mme Adjamagbo. Avec les ténors, la relation était comme celle d’un chien et d’un chat.

Aperçu sur le parti

Le MPL est nouveau. Mais son fondateur, Pascal Kokouvi Adjamagbo ne l’est pas en politique. Le MPL rassemble les « ablodeviwo » autrement dit ceux qui ont pour acquis la liberté, l’indépendance. C’est sous ce sceau que ce nouveau parti avance.

Dans le discours du président fondateur, certains mots reviennent et peuvent permettre de situer un tant soit peu le parti et ses aspirations sur le plan politique. Il est mentionné que le MPL souhaite porter haut « le flambeau de la liberté », « se ranger en ordre de bataille » pour « la conquête du pouvoir pour l’exercer au profit du peuple togolais  tant économique, social et moral » en œuvrant pour l’effectivité de «  l’alternance politique pacifique cordiale ».

Le MPL est un parti politique si l’on se fie aux propos de son fondateur qui n’est rien d’autre que le sieur Adjamagbo. «  Très chers militants sympathisants et bienfaiteurs de toute sorte de notre parti », c’est avec cette expression que le président a désigné et remercié tous ceux qui travaillent avec lui.

Eminent professeur

Le président du MPL est un universitaire respecté pour ses travaux de recherches en Mathématiques. Connu et reconnu aussi bien en  France qu’aux Etats-Unis, il poursuit une carrière internationale dans  son domaine qu’est la Mathématique. Ayant acquis le titre de professeur en la matière, M. Adjamagbo Kokouvi a à son actif  au moins 24 publications par rapport à ses recherches en algèbre. La liste de ses écrits a été mise à jour par le Département de Mathématiques de l’Université d’État de New York à Buffalo. Il officie notamment au  Centre de Mathématiques de Jussieu, Université Paris 6 Pierre et Marie Curie. Le professeur fait partie des mathématiciens africains de la diaspora.

 

Et le dialogue ?

Le dialogue du 15 février n’est pas du ressort du benjamin des partis politiques au Togo. C’est tout simplement une coïncidence selon les explications du chargé de communication, René Améoto. « Le lancement du MPL et le dialogue en vue est une coïncidence de circonstance. L’idée de porter le MPL sur les fonds baptismaux date d’avril 2017 donc il n’y a aucun lien entre le lancement du parti et le dialogue », a-t-il précisé et d’ajouter : «  Nous ne comptons pas prendre part au dialogue puisque nous allons poursuivre notre travail de terrain ».

 Un parti de plus ?

Il est trop tôt de vouloir se donner à un jeu de subjectivité en affirmant que la naissance du MPL n’a fait qu’augmenter le nombre de partis  déjà existant. Nul ne saura prouver pour l’instant en quoi est-ce que ce parti ne devrait pas voir le jour ou encore vouloir démontrer qu’il ne pourra pas faire ce qui est de son ressort. Il reviendra sans doute aux voix les plus autorisées du parti de savoir se lancer dans des initiatives qui pourront intéresser les Togolais quelque soit leurs zones de résidence, leurs conditions de vie et de travail, leurs sexes, âges et autres considérations sociales. Il ne faudrait surtout pas aller très vite en besogne.

 

 

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