Filière cacao: les producteurs ivoiriens ne perçoivent que 2% des revenus mondiaux

Le 55e Salon International de l’Agriculture (SIA) de Paris, en France, vient de refermer ses portes. L’édition 2018, qui s’est tenue du 24 février au 4 mars, a rassemblé, d’après les organisateurs, près de 700 000 visiteurs, professionnels et grand public, venus à la découverte de la richesse du monde agricole.

Il a vu la participation de plusieurs acteurs du secteur du continent africain. Juste avant la fermeture des rideaux, il s’est tenu une conférence, en fin de semaine dernière, porté sur le thème : « Transformation structurelle de l’économie agricole et opportunités d’investissement en Côte d’Ivoire », lors de la journée dédiée à ladite nation.

Il en ressort une statistique peu glorieuse. Annuellement, sur une production cacaoyère mondiale estimée à 100 milliards de dollars US (55 000 milliards de F CFA) les producteurs ivoiriens ne reçoivent que 2% de cette manne financière. Une équivalence de deux milliards de dollars US, soit environ 1 100 milliards de F CFA.

Si les producteurs ne peuvent se vanter de profiter du marché mondial, il en est de même pour les pays producteurs. D’après le ministre ivoirien de l’Agriculture et du Développement rural, Mamadou Sangafowa Coulibaly, ces derniers n’en tirent que 6%. Soit, près de 3300 milliards F CFA. Et au ministre ivoirien d’exposer la pléthore de défis auxquels devront faire face tous les acteurs du secteur en Côte d’Ivoire. Elles vont du changement climatique au swollen shoot (une maladie du cacaoyer) en passant par la structuration de la filière et une meilleure rémunération des planteurs.

Dans une approche d’apport de la valeur ajoutée à la production nationale, le gouvernement ivoirien, apprend-on, s’est fixé pour objectif de transformer davantage localement le cacao. Il table sur un premier niveau de 50% contre près de 35% actuellement.

Pour y parvenir, depuis plus d’un an, l’État et plusieurs grandes sociétés de transformation, notamment Cargill, Foragri, Saco (Barry Callebaut), Tafi Sa, IvoryCocoaproduct et Condicaf se sont engagées dans un accord qui devrait permettre, à travers des facilités, d’accroître davantage le taux de transformation. Le groupe singapourien, Olam, s’est joint au projet début septembre 2017. D’autres entreprises pourraient emboîter le pas.

D’après la presse locale, le gouvernement avait engagé déjà en 2012, de profondes réformes dans la filière afin d’améliorer la gouvernance dans ce secteur. Des réformes qui ont fait un bien fou aux producteurs. Leurs revenus ont augmenté de 47%.

Ils sont passés de 1041 milliards de F CFA en 2013 à 1526 milliards F CFA en 2015. Cet embelli a toutefois été de courte durée. La campagne suivante (2016-2017) a enregistré un recul. La faute à une surproduction de l’ensemble des pays producteurs.

Depuis plusieurs années, la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao avec 35% de la production mondiale. En 2017, sa production a franchi le record des deux millions de tonnes.

Près de 800 000 familles agricoles sont engagées dans la filière. Pour rappel, l’Afrique représente environ 73% de la production mondiale de cacao.

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