Ismail Drammeh, l’immigré clandestin devenu la coqueluche des maisons de mode

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Il n’avait que 15 ans lorsqu’il décide de prendre une barque de fortune depuis la Libye pour rallier les côtes italiennes. Arrivé sur la grande île de Sicile,en 2015, par la mer, le gambien Ismail Drammehne s’attendait sûrement pas à une vie aux allures de conte de fée.

Lui qui n’était encore qu’un jeune immigré clandestin, va se retrouver sur les pistes de défilés des rendez-vous de modes d’Italie. L’ex petit adolescent d’un village de la Gambie, est devenu, en un temps record, la coqueluche des maisons de mode.

Depuis son passage mi-février dans une émission de la chaîne de télévision Rai 2, l’histoire de Drammeh, 19 ans, passionne la presse italienne qui lui consacre depuis, de nombreux reportages. Il fait aussi l’objet d’invitation des plateaux télévisés transalpins. Et ce n’est pas sans intérêt.

Le jeune homme, immigré, pose pour de grandes marques de prêt-à-porter. Il est devenu mannequin ! « Plusieurs amis me disaient en rigolant que je devrais faire du mannequinat. Je ne savais même pas ce que c’était », confiera-t-il à la presse.

De ses récits, tout est parti en juillet 2017. Dans le village de Cerda, au milieu de la Sicile, un petit défilé est organisé lors d’une fête locale. Poussé par ses amis, Ismail y participe.

« J’ai regardé des vidéos toute la journée qui précédait. J’avais le visage un peu figé parce que je ne savais pas trop comment faire », raconte le jeune gambien de 1,90 m. Tout ira vite ensuite. Un photographe le repère puis, s’enchaîneront les shootings. Direction la ville de Palerme pour Ismail plus tard. Il y participera à un défilé de mode. Dès lors, les marques vont se l’arracher. Drammeh Ismail devient l’une des égéries de la marque David Haward.

Si l’histoire du gambien passionne tant, c’est compte tenu de son passé émouvant. En contact régulier avec sa famille restée en Gambie, Ismail dit ne pas oublier la dureté du voyage qui l’a conduit en Italie. Il a traversé le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et la Lybie, d’où il a pu prendre un batelet avant d’être récupéré par les garde-côtes italiens. Un voyage qui lui a pris du temps. Pour survivre il vivait de petits boulots. Dans ce périple, il a fait trois fois la prison dont les tristement célèbres maisons de détention de Libye. De là, il garde une cicatrice sur la cuisse, qu’il montre aux journalistes. Une blessure que lui a infligée un enfant de 11 ans en uniforme militaire.

Passé les mauvaises fortunes, le jeune préfère s’attarder sur ce qui est désormais sa passion. « J’adore défiler. Quand je suis sur scène, j’oublie tout. Il n’y a plus de racisme, la couleur de peau n’a plus d’importance. »

Il tient toutefois à garder la tête sur les épaules. « J’ai eu plusieurs propositions de marques prestigieuses, mais si ça ne marche pas je veux étudier ou devenir cuisinier », explique-t-il.

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