Zimbabwe: les 100 premiers jours d’Emmerson Mnangagwa passionnent

Quand l’ancien bras droit de Robert Mugabe se voyait confier le pouvoir il y a cent jours, au Zimbabwe,  il promettait lors de sa prise de fonctions, des changements et des avancées progressistes vers un avenir plus démocratique après 37 ans de règne acharné de son prédécesseur. A l’heure du premier bilan, Emmerson Mnangagwa se montre inébranlable.

Le plan d’action des 100 premiers jours pour stimuler l’économie, attirer les investissements étrangers, lutter contre la corruption et promouvoir les droits de l’homme enregistrent déjà des critiques mitigées dans le pays.

En effet, depuis que Mnangagwa a pris le pouvoir, des soins de santé publics gratuits pour les enfants et les personnes âgées, ainsi qu’une réduction temporaire des prix du carburant, ont été introduits.

Sans beaucoup tarder, le nouveau gouvernement a supprimé les barrages routiers et les amendes pour les délits de la route, que beaucoup considèrent pourtant comme ayant un impact positif sur la société.

Le projet de création de tribunaux anticorruption spéciaux et l’arrestation de plusieurs personnalités sur des allégations de corruption ont également été bien accueillis par le public, mais certains estiment que ce sont des mesures superficielles pour endiguer un mal de corruption trop profond.

Mais sur ce point, le gouvernement peut se convaincre d’un premier bilan positif. En réalité, Mnangagwa a accordé en décembre dernier une amnistie de trois mois à tous ceux qui sont accusés de corruption pour renvoyer les fonds détournés. Selon le nouveau président, au moins 250 millions de dollars sur 1,3 milliards de fonds externalisés ont été rapatriés depuis le début de cette mesure.

En diplomatie économique, le Zimbabwe se porte mieux qu’il y a 3 mois en arrière. Contrairement à Mugabe qui avait des relations glaciales avec l’Occident, Mnangagwa a privilégié le réengagement avec les puissances occidentales. Puisque dans sa perspective de relance de l’économie, Mnangagwa a conclu de nouveaux accords avec la Biélorussie, la Russie et la Chine.

Il a récemment aussi chargé une société sud-africaine de fournir des centaines de wagons et de locomotives pour 400 millions de dollars aux Chemins de fer nationaux du Zimbabwe (NRZ), une entreprise publique en difficulté qui a été saluée comme la balise de transport de l’Afrique australe.

Mais en matière de droits de l’homme, Mnangagwa est prié par sa population de mieux faire. Y compris, l’alignement des lois sur la constitution, ainsi que l’abrogation des lois répressives et une plus grande tolérance des points de vue alternatifs.

Et ce, même si Ziyambi Ziyambi, le ministre de la Justice, pense que malgré quelques obstacles, le gouvernement de Mnangagwa s’est davantage engagé en faveur d’une politique des droits de l’homme «centrée sur les personnes».

Perspectives

Alors que certains voient des signes de changement à l’horizon, d’autres restent sceptiques à cause des longues queues bancaires et des pénuries de liquidités.

Pour sa part, Mnangagwa a appelé à la patience, citant des années de déclin économique. Dans une vidéo récente relatant les réussites et les défis de ses 100 premiers jours, Mnangagwa a rappelé que le changement n’était pas un processus du jour au lendemain.

« Nous devons bien-sûr être réalistes et reconnaître qu’il faut plus de 100 jours pour relancer l’économie », a déclaré Mnangagwa.

Celui-ci a promis des élections pacifiques et crédibles en septembre prochain, même si l’UE maintient que le Zimbabwe ne recevra pas de soutien significatif tant que des réformes électorales et démocratiques sérieuses ne seront pas entreprises.

D’ici là, les Zimbabwéens pourront être prêts à juger Mnangagwa sur le travail abattu.

Réagissez sur: africatopforum.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.