Marlène Adanlété-Djondo, la togolaise qui veut révolutionner le Wax

« Un héritage, quand on le prend, on ne s’assoie pas dessus. On le développe et on le fait fructifier ». Ces propos sont de la togolaise Marlène Adanlété-Djondo, 38 ans.

Dans un entretien accordé à un hebdomadaire panafricain, elle s’est appesantie sur sa vision du marché actuel du Wax, le « tissu africain ».

Avec la passion qui la caractérise, la jeune femme se prononce sur l’état des lieux d’un secteur que l’on dit en « déclin ». Entre forte concurrence sur le marché, mondialisation et contrefaçon, il n’est pas question pour la juriste de formation de baigner dans la nostalgie des « Nana Benz » du Togo.

Juillet 2008. Après l’obtention d’une maîtrise de Droit social en France, Marlène Adanlété-Djondo pose ses valises à Lomé, en provenance de Paris. Deux ans plus tard, elle décide de rejoindre Glory of God, l’entreprise familiale. La société est spécialisée dans la vente et l’import-export de pagnes.

Depuis lors, cette petite fille de « Nana Benz » est la directrice commerciale de la structure. A partir de 2013, elle peaufine la mise sur le marché d’un pagne de marque. Trois ans après, naîtra Wina Wax.

Elle dit avoir pris son temps pour étudier le marché afin de s’adapter à la nouvelle demande et aux goûts de la nouvelle génération de consommateurs. « On a réfléchi à l’ensemble des problématiques qui touchent aux nouveaux usagés du pagne », livre-t-elle à l’hebdomadaire.

Wina Wax ne veut pas être une marque de pagne comme les autres. Elle veut se démarquer. « Nous avons choisi de travailler par collection, renouveler tous les deux ans avec une quinzaine de dessins. Aucun de nos motifs n’est repris dans la collection suivante.Nous travaillons sur la conception des motifs et imprimés originaux avec une équipe de designer locaux », souligne-t-elle.La marque est estampillée semi-luxe.

« Avant la création de Wina Wax, notre clientèle était principalement basée dans la sous-région (Côte d’Ivoire, Benin, Ghana, Burkina Faso). Notre stratégie aujourd’hui, c’est d’aller là où les gens ne nous attendent pas. Où il y’a une forte concentration d’offres de produits wax », s’enthousiasme-t-elle.

Quand on lui pose la question sur la crise qui frappe en plein fouet le marché du pagne, elle boute en touche. « A ceux qui ne croient plus au commerce du pagne, c’est l’après Nana Benz qui m’intéresse. Il y’a toujours de l’avenir dans le pagne parce que les gens en porteront toujours. L’après Nana Benz consiste à ne pas s’enfermer dans le textile. Le gros challenge, c’est de s’adapter », positive-t-elle.

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