Togo: violente passe d’armes entre les professeurs Wolou Komi et Hounaké Kossivi

Cette semaine, on a assisté à une « violente » passe d’arme entre deux professeurs de la Faculté de Droit de l’Université de Lomé. Il s’agit notamment du doyen de cette Faculté, le Professeur Wolou Komi et son collègue Hounaké Kossivi. Tout était parti d’un houleux débat qui avait eu lieu lors du Colloque organisé les 2 et 3 mars dernier par les Universités sociales du Togo, sur les crises politiques en Afrique. Mais, les échanges se sont malheureusement poursuivis parfois en des termes discourtois.

C’est le professeur Hounaké qui avait été conspué par l’assistance lors du débat et qui a d’ailleurs voulu en venir aux mains avec un de ses collègues qui est venu à la charge. Dans une tribune intitulée « la rigueur intellectuelle », il a, avec une « violence littéraire » passé au vitriol son collègue Wolou qu’il a, parfois, dans sa masturbation intellectuelle, traité des noms d’oiseaux.  « Le colloque qui s’est en effet tenu à l’auditorium de l’Université de Lomé, les 2 et 3 mars 2018, a, semble-t-il, tenu ses promesses. Mais, je pense que seuls les esprits moyens pourraient tirer satisfaction d’un rendez-vous scientifique sur fond d’arguties politiques. Que des gens qui se disent de « vrais intellectuels » et qui qualifient les autres, ceux qui refusent de les suivre dans leurs « imbécilités », de « faux intellectuels », se satisfassent de cette comédie, n’a d’égal que leur faiblesse d’esprit critique et d’analyse », a-t-il lancé d’entrée.

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« La thèse défendue par le Doyen Wolou Komi, le grand juriste de l’opposition, consistant à dire que « tant qu’on décide de rejoindre les gouvernants tout en refusant de défendre le peuple, on va tout simplement à la mangeoire » relève d’un manque de maturité à tout point de vue. D’abord, au nom de quoi peut-il se déclarer défenseur du peuple ? Ensuite, c’est normal de dire que les autres sont allés à la mangeoire puisqu’il y était dans un passé récent ou le lait coulait et qu’il était acteur de la JRPT. Ensuite, en tant que grand juriste, comment peut-il prouver que ceux qui ne sont pas avec l’opposition sont du côté du parti au pouvoir ? C’est proprement être obtus que de traiter les autres de cette manière. La vérité vous dérange vraiment ! Relativement à la question de la légitimité, je voudrais préciser, et demander aux « vrais intellectuels du Togo » à davantage de réflexions », a-t-il poursuivi.

En réponse au brûlot du professeur Hounaké, son collègue Wolou, qui s’est senti interpellé, a jugé nécessaire d’apporter sa part de vérité.

« Bien cher Professeur HOUNAKE, J’ai lu votre publication. Ayant été directement interpellé, je voudrais apporter des précisions. Vous donnez l’impression de m’avoir cité en ces termes « tant qu’on décide de rejoindre les gouvernants, tout en refusant de défendre le peuple, on va simplement à la mangeoire ». Je crois n’avoir utilisé le mot mangeoire qu’une seule fois en répondant à la question que vous m’aviez posée. En résumant, votre question revenait à dire que dans une démocratie, il faut une pluralité d’opinions ; pourquoi alors taxer les intellectuels d’aller à la mangeoire lorsqu’ils sont du côté des dirigeants. J’ai répondu en affirmant qu’il faudra effectivement une pluralité d’opinions dans la démocratie. Cependant lorsque le ralliement au pouvoir ne se fait pas sur la base des valeurs, on dira de l’intellectuel qu’il est allé à la mangeoire », a repondu le doyen de la Faculté de droit.

Après avoir relevé ce qu’il considère comme des contre-vérités, il poursuit : En attendant que vous rapportiez cette preuve, je note que vous avez déduit d’un fait qui n’est pas encore établi, que je suis obtus.

Vous avez relevé mes activités dans un passé récent au sein de la JRPT où coulait le lait. Je vous autorise à publier les traces de mon militantisme au sein de la JRPT si vous les avez soit par témoignage ou des supports écrits. Je vous apporterai la réponse appropriée.

Vous avez dit que j’étais le grand juriste de l’opposition. C’est vous qui l’affirmez. Je me considère comme un simple juriste militant dans l’opposition car pour moi, le droit n’a pas une appartenance politique. Et l’opposition togolaise compte dans ses rangs de très grands juristes.

Vous avez relevé toujours me concernant « un manque de maturité à tout point de vue». C’est votre analyse et l’expression de votre liberté d’opinion. Je ne vous en veux pas. J’en prends acte.

Je ne sais pas si je suis digne d’être encore appelé votre collègue vu « mon manque de maturité à tout point de vue », mon appartenance au club des imbéciles et de surcroît je suis «obtus » ; je vous dirai alors simplement cher ami, – puisque c’est comme cela que je vous considère toujours – merci de m’avoir éclairé.

« Au plaisir de nous revoir. Cordialement », a-t-il conclu.

 

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