Université de Lomé: la faculté de Médecine secouée par une scabreuse affaire 

Depuis quelques jours, le monde universitaire est secoué par une scabreuse affaire dont on ignore pour l’heure les tenants et les aboutissants. En effet, depuis le lundi 5 mars 2018, le professeur Ihou Wateba, vice-doyen la Faculté des Science de la Santé (FSS) de l’Université de Lomé, est appréhendé puis maintenu en détention par le Service de recherche et d’investigation (SRI). Tout serait partie d’une affaire de note, qu’il aurait manipulée pour défavoriser un rejeton d’un baron du pouvoir en place au Togo. Mais, cette affaire a pris une nouvelle tournure avec la convocation du Professeur David Dosseh (photo) et de son fils par la même unité. Après quelques heures, les deux sont retournés chez eux, et devront retourner ce vendredi 9 mars. Des voix s’élèvent déjà pour dénoncer une « histoire montée de toutes pièces », pour mettre sous éteignoir des personnages qui, visiblement dérangent !

La place d’un Professeur d’université, c’est bien évidemment dans un amphi, en train d’entretenir ses étudiants. Mais depuis cinq jours déjà, le professeur agrégé Ihou Wateba Majesté, vice-doyen de la Faculté des Sciences de la Santé (FSS), est en détention provisoire à la Gendarmerie nationale plus précisément par le Service de renseignement et d’investigation (SRI) pour une affaire aux contours flous.

C’est la consternation dans le milieu estudiantin. Mais que lui reproche-t-on exactement ? Selon les informations fournies par ses proches, on lui reprocherait d’avoir défavorisé un étudiant dans l’attribution des notes. « Je voudrais que le parent d’élève qui estime que son enfant a été défavorisé se prononce », a déclaré une sœur du professeur dans un entretien en marge d’une rencontre des professeurs d’université.

Selon toujours certaines sources, l’affaire remonterait d’ailleurs en octobre 2017, où le SRI s’est intéressé au dossier. « Depuis octobre 2017, il nous dit à la maison qu’à chaque fois, le SRI l’appelle pour lui poser des questions et qu’il a remarqué que son téléphone était mis sur écoute. Nous lui avons demandé pourquoi et il a répondu qu’il ne savait pas. En novembre, il nous a fait savoir qu’on lui a dit qu’il favorisait certains étudiants dans les notes qu’il donnait. Le samedi dernier, nous étions à l’enterrement d’un parent à Tchékpo. On sentait qu’il ne suivait pas la messe. Il était trop calme. Après la messe, on s’est séparé. Il est rentré dans une église des Assemblées de Dieu et il priait à genou. C’est lundi soir que nous avons appris que notre frère était détenu au SRI. Nous y sommes rendus et y avons passé la nuit. Jusqu’aujourd’hui, on ne sait pas de quoi on accuse notre frère. Nous savons qu’il y a quelqu’un qui tire les ficelles. Nous avons rencontré certaines autorités qui nous ont dit que c’est plus sérieux qu’on pense. Je voudrais que le parent d’élève qui estime que son enfant a été défavorisé se prononce. Le parent en question veut politiser cette affaire pour qu’on envoie mon frère en prison. On lui prête des intentions. C’est ce qu’on veut faire au professeur », a révélé un proche du professeur.

L’inquiétude est d’autant plus grandissante avec la convocation du Professeur David Dosseh et de son fils par le SRI. Selon des indiscrétions, au début de l’affaire, le SRI, en voulant comparer les notes des étudiants était « miraculeusement » tombé sur la copie de l’enfant du Professeur David Dosseh, qui est étudiant en première année de Médecine.

Cette coïncidence pousse certains à voir derrière cette affaire une cabale ourdie contre celui qui en dehors de ses activités universitaires, est engagé sur le front politique. Il est notamment le coordonnateur du front Citoyen Togo-Debout. Les jours à venir promettent visiblement !

D’autres accusent le président de l’Université de Lomé, Prof Kokorko d’avoir envoyé ses collègues dans la gueule du loup puisque l’affaire devrait être, dans les normes, connue par le Conseil de Faculté puis le Conseil de l’Université. Ils conçoivent mal comment une affaire purement d’ordre académique soit envoyée à la Gendarmerie.

Nous y reviendrons !

 

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