Congo: le chanteur Roga Roga englué dans une affaire politique

Sale temps pour l’ancien leader du groupe congolais, Extra Musica. Empêtré dans une passe d’armes avec « Les combattants », un regroupement de Congolais qui militent contre le pouvoir en place à Brazzaville depuis l’Europe, le chanteur tente de mettre la balle à terre. Non sans peine.

Alors que l’artiste a annoncé un concert au Bataclan de Paris pour fin mai prochain, à l’occasion de la sortie de son nouvel album, présent sur le marché depuis le 8 mars dernier, « Les combattants » lui ont mis du sable dans la soupe. Bien décidés à empêcher l’interprète de « Contentieux » de se produire en France, les activistes congolais de l’Hexagone ont réussi à faire annuler son spectacle par les autorités locales.

A l’origine du conflit, des dédicaces dans les chansons qui passent mal. Ces hommages faits par le chanteur en citant dans ses titres des hommes du pouvoir ont fortement déplu à ses compatriotes de la diaspora.  On apprend également de source médiatique, qu’en 2016, une chanson intitulée « Oyo ekoya eya » (« Advienne que pourra » en français) avait déjà mis le feu aux poudres. On reproche à l’artiste d’avoir écorné le mythe de la réussite des sapeurs au Congo. Entre politique et accusation de « trahison », la polémique a vite enflé.

Les pieds dans les plats, le parolier a cherché à mettre un terme au différend qui l’oppose aux « Combattants ». Devant la levée de boucliers et les menaces de boycott de ces derniers, Roga Roga a présenté ses excuses dans une vidéo publiée début mars sur sa page Facebook.Le natif d’Owando pense avoir été « incompris » et souhaite « tourner la page ».

« Nous devons faire des efforts pour ne pas tout politiser. Je suis musicien et le resterai même si j’ai des parents qui font de la politique ou si j’accepte d’être payé pour écrire une chanson pour un politicien. Il faut faire la part des choses. Il faut que le Congo soit uni pour pouvoir aller de l’avant », s’est-il défendu.

Des excuses qui ne passent pas visiblement. Du moins pour le moment. On doute de la sincérité des propos de Rogatien. « C’est une technique commerciale, il a présenté des excuses hypocrites. Nous prenons acte mais son concert n’aura pas lieu et nous n’achèterons pas son album », peste Donald Ngouma, un membre influent des « Combattants ».

Selon le sociologue et enseignant congolais, Jean-Aimé Dibakana, interrogé par la presse,« l’affaire Roga Roga » est révélatrice de la politisation à l’extrême de la société congolaise. Elle intervient dans un contexte d’« hystérisation du débat public congolais sur les réseaux sociaux ».

Au-delà d’avoir écorné la fierté des Congolais de la diaspora, la brouille avec Roga Roga a des racines profondes. Le chanteur est perçu par les Parisiens comme étant favorable au président Sassou N’guesso, souligne Jean-Aimé Dibakana.

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