Guy One: l’histoire fascinante du berger ghanéen devenu star internationale de musique

Se produire à l’international devant un public qui vous adule est toujours un moment spécial pour n’importe quel artiste musicien. Mais quand on est un chanteur qui a grandi dans le nord du Ghana sans éducation, et a passé une vie à élever des vaches et des chèvres, l’instant est plus savoureux. C’est le cas de Guy One,un artiste au parcours bien original.

Originaire du village de Bolgatanga, dans le septentrion ghanéen, Guy One qui n’avait que son troupeau de bovins et caprins pour public, est devenu, en cinq ans, une figure nationale dans son pays.Et pour cause, il a réussi à exporter son art en Afrique de l’Ouest et surtout en Europe. Résultat : l’homme enchaîne les concerts depuis quelques années. Il se produit non seulement dans son Ghana natal, mais aussi au Nigeria, au Bénin, en Côte d’Ivoire et jusqu’en Allemagne, où il a un large public.

Des prairies de Bolgatanga aux salles de concerts européennes, le parcours de l’ancien bouvier a tout l’air d’un conte de fée. Quand le musicien n’accompagnait pas son troupeau, il se produisait dans les cérémonies traditionnelles d’enterrement ou de mariage. Il se fera, dans un premier temps, un nom au niveau local. C’est sa rencontre avec le producteur allemand Max Weissenfeldt qui donnera une autre dimension aux prestations jusque-là « discrètes » de l’homme.

Le patron du label Philophon, qui se rend régulièrement au Ghana depuis 2010, tombe sur le charme de la voix « envoûtante » de Guy après avoir écouté un CD.Emballé, le berlinois décide de le retrouver. Weissenfeldt choisi d’emmener le percussionniste dans un studio à Berlin.C’est le début d’une collaboration qui sera fructueuse. De cette association sort un premier album,« #1 », jugé « brillant » par les critiques musicales.La télé ghanéenne lui attribuera, fin 2017, le prix de l’artiste traditionnel de l’année.

« #1 est le son d’un homme, d’une culture, d’une communauté et d’une interaction entre tous ceux qui ont grandi au fil des décennies. A partir de là, c’est un disque qui éclate à la vie, comme si un portail s’ouvrait sur un monde musical jusqu’alors inconnu », commente un magazine musical allemand.

L’ancien éleveur qui écrit et joue de la musique Frafra, un style musical basé sur un mélange de blues et de rythmes traditionnels, prétend pouvoir convoquer le monde invisible des esprits. « Certaines personnes âgées jurent que, si elles meurent, elles ne veulent pas que leur corps soit enterré avant que je puisse faire leur éloge funèbre », révèle à la presse allemande celui qui est également surnommé « Second Jesus ».

« En ce moment, notre tourneur nous appelle presque tous les jours avec une requête pour des dates supplémentaires. J’estime que nous allons faire une quarantaine de concerts en Europe cette année », s’enthousiasme Max Weissenfeldt dans les colonnes d’un journal local.

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