Côte d’ivoire : Franck-Stéphane, du ghetto à l’autel!

Dieu a un plan pour chacun. Dit-on. Aussi, chaque individu n’a-t-il pas sa propre trajectoire ? Mais, certaines histoires sont fascinantes compte tenu de leur particularité. C’est le cas de celle de l’ivoirien . Aujourd’hui prête, il a été néanmoins passé par le Ghetto avec tout ce qui va avec.

Il n’hésite pas à parler de son histoire. Mieux, ce vendredi 23 mars, il a sorti son autobiographie, « Le fils de tant de larmes ». Dans cet ouvrage, il raconte comment il est passé de la délinquance à la prêtrise.

La délinquance, Franck-Stéphane Yapi l’a vécu. Il fit son baptême de feu avec petit larcin dans son enfance. Il déroba 100 francs CFA (0,15 €) dans le salon de ses parents. Ce petit vol le conduira irréversiblement, au fil des années, vers des vols de sommes et d’objets de plus en plus importants, puis vers l’escroquerie, le trafic d’organes humains et les braquages. Franck qui rêvait d’avoir une vie de star, et l’alcool, le sexe et la drogue était ses « fidèles compagnons ». « J’ai écumé pendant des années les places de la capitale multipliant les scandales sulfureux, consommant vêtement de marque, chaussures et bijoux comme un drogué, sa dose », raconte-t-il.

Seulement, ce qui intrigue dans le parcours de Franck-Stéphane Yapi, c’est qu’il était né dans une famille où il y avait tout pour réussir. Ses parents avaient d’ailleurs tout mis en œuvre pour qu’il devienne un modèle. Après un passage en France où il a effectué ses études primaires, il a été inscrit au petit séminaire d’Aboisso, dans le sud-est de la Côte d’Ivoire 1992 après son retour au pays.

Paradoxalement, c’est dans cet univers austère rythmé par les études et la prière que la vie de Stéphane sombra radicalement dans la déchéance. Pour fuir l’ennui, l’adolescent avait pris l’habitude de se glisser le soir hors du séminaire pour retrouver un de ses amis, élève au collège public. Un soir, cet ami se présenta avec un sac rempli de billets de banque et un revolver. Les deux garçons décidèrent de fuir Aboisso pour retourner à Abidjan, vendre le revolver et vivre une vie de luxe. Finalement, le revolver ne sera pas vendu. Franck Stéphane s’en servira pour braquer les petits commerces de quartier. Mineur, il fut appréhendé par la police. Cette arrestation fut la première d’une longue série. À chacune de ses arrestations, ses parents étaient là, peinés, lui manifestant amour et miséricorde malgré sa conduite.

Le jeune « délinquant » connaîtra un autre pays, à savoir le Bénin. Pour ses parents, loin de ses « copains » il serait moins influencé. C’est dans ce pays que le jeune homme sombra dans les pratiques occultes. Plus tard, il sera attiré par une pratique horrifiante : le transfert d’organes humains. « J’étais chargé de faire passer les organes vers les acheteurs, raconte-t-il avant d’ajouter plus loin : je voyais un grand nombre de jeunes garçons et filles déterminés à vendre, de leur plein gré une partie de leur corps contre de l’argent. »

Pendant des années, il se livra à toute sorte d’escroquerie et de braquage au Bénin puis en Côte d’Ivoire. Il gagna plusieurs millions de francs CFA. Mais en voulait toujours plus. Un jour de 2002, il planifia un braquage qui devait lui rapporter, à lui et à sa bande, plus de 300 millions de francs (460 000 €). Mais Franck-Stéphane prit peur et ne participa pas au braquage. Ses amis qui y avaient participé furent tous tués. Franck-Stéphane lui, retourna encore chez ses parents, accueilli par les larmes de sa mère qui croyait l’avoir perdu.

Mais, Dieu a déjà écrit son destin. Il prit conscience, remis sa vie à Dieu sur conseil de ses parents. Il n’a pas hésité à répondre à l’appel de Dieu à devenir son serviteur. 10 ans après son entrée au séminaire, il fut ordonné prêtre en 2016. Fascinante comme histoire !

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