Musique : Khadja Nin flingue son ancienne maison de disque

La diva burundaise, Khadja Nin refait surface. Pas pour annoncer la sortie d’un nouveau titre ou d’un nouvel album mais pour déballer son sac. Dans une interview accordée au journal du Marché des arts du spectacle d’Abidjan (Masa), la chanteuse a révélé le pourquoi elle avait mis un terme à sa belle carrière musicale. Egratignant au passage son ancienne maison de disque.

Nin n’est pas réputée bavarde. Discrète, sa dernière apparition officielle remonte au tout début des années 2000. Ce jour-là, elle partageait la scène du Palais omnisports de Paris-Bercy avec le célèbre chanteur anglais Sting. Quelque mois plus tard, elle annoncera mettre un terme à sa carrière musicale. Si la presse internationale n’a rien vu venir à l’époque, elle n’en saura pas plus sur les raisons d’un aussi brusque arrêtpour celle qui était à l’époque une des grosses affiches de la World music.

On avait plus de nouvelle de l’interprète du tube planétaire « Sambolera », sorti en 1995. Jusqu’à récemment. Dans le cadre de la 10e édition du Masa qui s’est tenue du 10 au 17 mars dernier, dans la capitale ivoirienne, celle qui a désormais 58 ans, était l’une des attractions de l’évènement. Marraine d’un projet artistique dénommé l’Escale Bantoo, qui regroupe plusieurs talents des pays d’Afrique Centrale, elle s’est confiée au Magazine du Masa. Et le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’a pas fait dans la langue de bois quand il s’est agi d’évoquer son passé musical.

« J’ai arrêté la musique parce que je n’étais pas d’accord avec les majors qui veulent fabriquer des artistes « Kleenex » afin de les utiliser pour amasser de l’argent avant de les jeter lorsqu’ils ne sont plus rentables. Ils essaient d’imposer les choses aux artistes. Je ne suis pas dans les compromissions », lâchera-t-elle, à la question de savoir pourquoi a-t-elle raccroché si tôt.

« (…) Je n’aimais pas ce que ça devenait. Le marketing prenait le pas sur l’artistique. Et moi, j’ai gagné ma liberté dans l’adversité. Donc, je ne pouvais pas continuer. Je n’avais plus envie d’être au milieu de tout ça, de ce cercle éternel studio-promo-concert. C’est surtout le côté promo que je n’aimais pas, parce qu’il fallait répéter mille fois la même chose. Ce sont les moments où on est presqu’obligé d’expliquer les choses qu’on a faites instinctivement, expliquer comment on a écrit un morceau. C’est lassant. J’ai décidé d’arrêter sans aucun regret. J’ai arrêté de composer, arrêté de fréquenter le milieu…», poursuivra-t-elle.

Dans ses confidences, la diva burundaise va dénoncer « l’hyperactivité » de l’industrie musicale.En somme, une forme de « protestsong », plusieurs années après.

Mère d’un garçon, Kadja Nin réside depuis 2000 dans la principauté de Monaco avec son mari le célèbre pilote automobile belge Jacky Ickx. Elle qui dit être dans l’humanitaire et ne cache pas être tentée par un retour. Mais entre envie instantanée et réalité du terrain, elle fait vite de remettre les pieds sur terre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *