Jonathan Mboyo, le « Einstein africain »

Comment passer de l’atrophie aux toges des prestigieuses universités américaines. C’est l’histoire émouvante mais surtout inspirante du Professeur Jonathan Mboyo Esole.

Le congolais de 41 ans fait partie des chercheurs africains les plus promoteurs et coté des revues scientifiques. Depuis qu’il a remporté le Prix Next Einstein Fellow,le Professeur de Mathématiques est sous le feu des projecteurs. Pourtant, rien ne présageait au natif de Kinshasa un parcours aussi brillant.Lui qui a failli perdre, plus jeune, la motricité de son corps.

Tout commence en 2017, en Afrique du Sud. L’Institut africain des sciences mathématiques (AIMS) en partenariat avec la fondation allemande Robert Bosch, présente les lauréats de sa deuxième édition du Next Einstein Fellow (NEF). Une initiative qui met en avant les travaux scientifiques originaires du continent.16 scientifiques africains y seront primés. Parmi eux, figure le Professeur Mboyo Esole. Si l’homme a quasiment éclipsé ses collègues de la soirée, c’est bien parce qu’il revient de loin. Très loin.

Enfant, Esole a dû faire face à un grave problème de santé. « J’étais un enfant différent des autres. J’avais des problèmes de croissance. J’ai même été déclaré cliniquement mort. J’étais incapable de me servir de mes mains et de parler correctement. Je ne pouvais pas prononcer mon propre nom », témoigne-t-il dans une interview accordée au journal français Le Point. « J’ai réussi à m’en sortir à l’issue d’un grand combat, avec l’aide de mes parents et du personnel médical », poursuit l’homme.

Depuis lors, le mathématicien impressionne. De ces épreuves de sa prime enfance, l’homme en est ressorti fortifié. Apres l’obtention de son baccalauréat (mention très bien) Mboyo entame des études à l’Université libre de Bruxelles, en Belgique.Il évoluera de succès en succès.

Prix du meilleur mémoire en Licence sciences mathématiques il décroche ensuite son diplôme d’Advanced Studies in Mathematics à Cambridge, au Royaume-Uni. Ce brillant parcours académique en Europe est couronné d’une thèse de doctorat à l’université de Leiden, aux Pays-Bas. Et ce n’est pas tout !

Un aussi brillant parcours ne peut que taper à l’œil des administrations de prestigieuses universités. C’est ainsi qu’il sera recruté par la très réputée University of Harvard comme professeur adjoint. Il y passe quelques années avant de se voir proposer un poste d’enseignant chercheur à l’université North eastern située dans la même ville de Boston.

À Harvard, le natif de Kinshasa avait commencé comme chercheur postdoctoral au département de physique. Après avoir résolu un problème important sur la théorie des cordes, il devient Benjamin Peirce Fellow, un prestigieux statut accordé à d’éminents chercheurs en mathématiques de cet établissement.

Ses travaux et ses publications dans des revues spécialisées retiendront l’attention de la communauté scientifique mondiale. Ce qui le conduira au prix Next Einstein Fellow. Désormais fierté du gotha des chercheurs africains, la presse du continent le surnomme déjà le « Einstein Africain ». Mais l’intéressé tient à rester humble. Les séquelles de sa maladie sont toujours là. Il lui arrive de perdre le contrôle de ses mains, d’après ses confidences.

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