Qui est Siboy, le rappeur au visage masqué produit par Booba ?

Qu’ils s’appellent Damso, Benash ou Siboy, ils ont tous un point particulier. Celui d’être la nouvelle génération du rap français. Autre similitude, ils sont tous nés en Afrique. Le trio réuni sur le titre « Mobali », va rapidement s’installer dans les charts musicaux français.

Sur You Tube, ils sont à 56 millions de vues. Mais un retiendra particulièrement l’attention. Siboy. Si l’artiste de 26 ans tape à l’œil, ce n’est pas que pour sa musique. Dans les clips, l’homme rappe toujours encagoulé. Impossible de voir son visage. De quoi contribuer à alimenter les chroniques musicales. On connait toutefois le parcours du MC.

Originaire du Congo-Brazzaville, on sait de l’artiste qu’il a eu une enfance difficile. Comme bon nombre de rappeurs, serait-on tenté de dire. Et sur la question, le compositeur n’aime souvent pas s’y attarder. Histoire peut-être de ne pas réveiller de mauvais souvenir. A l’âge de 7 ans, le chanteur et sa famille ont dû fuir la guerre en 1997.

« Je suis né à Brazzaville, mais il y a eu la guerre. Mes parents ont décidé de partir, car ma mère était d’une ethnie différente de celle mon père, qui, lui, était militaire. Ils ont eu peur que notre famille soit divisée. J’ai encore les images de la guerre en tête », a-t-il confié au Magazine français, les InRocks. Une blessure psychologique qui n’a apparemment pas encore cicatrisée.

Réfugié en France, le hip-hop arrive dans sa vie à l’âge adulte.Grâce à un ami, raconte-il. Alors qu’il est chez lui, un proche passe déposer toutes ses affaires. « Dans ses cartons, il avait laissé un ordinateur, un micro et une carte son externe. J’ai essayé de composer des musiques. Le son de ma voix m’a paru bizarre au début, mais je me suis lancé », explique-t-il.

Puis suivront les freestyles sur You Tube. Repéré par Booba, une grande figure du rap français, il signera avec le label Capitol Music France et multipliera de nombreuses collaborations. Ses titres « Mobali » et « Au revoir » vont susciter l’adhésion du public.

Malgré le succès, l’homme veut rester anonyme. D’où l’éternelle cagoule. Il explique ce choix inhabituel par le fait de ne pas vouloir se faire aborder par des inconnus dans la rue. « J’ai toujours été très réservé et j’ai cherché un substitut pour ne pas montrer mon visage. La cagoule était évidente (…). Je ne regrette pas ce choix, c’est un luxe d’avoir une vie normale quand tu es un artiste », argumente-t-il.
Depuis son arrivée en France, Siboy révèle ne jamais être retourné au Congo.

Il dit en rêver pourtant. « Je peux bien sûr parler sur WhatsApp avec mes cousins. Mais les odeurs me manquent, je suis sûr qu’elles m’aideront à me souvenir. J’ai envie de sentir la chaleur, de voir comment le pays a évolué. J’ai besoin de déclics pour réveiller ma mémoire, il y a encore des choses enfouies », révèle-t-il.

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