Recrutements, missions, acquisitions: ce que coûte l’armée à l’Etat togolais !

Les spéculations vont bon train sur la mission de trois officiers supérieurs Togolais, tous de grade colonel, qui séjournent depuis quelques jours aux USA. Selon certaines indiscrétions, la délégation est conduite par deux autres colonels, dont un qui se révèle être une cheville ouvrière du ministère de la Défense et des anciens combattants.

Si officiellement, ce trio serait aux Etats unis pour négocier des armes dans le cadre d’une mission de paix des Nations Unies, d’autres sources soutiennent tout le contraire. Le bihebdomadaire togolais L’Alternative  affirme mordicus  que la mission se situe dans le cadre de l’acquisition des armes lourdes dont des chars d’assaut pour l’armée togolaise.

Dans une enquête publiée par le journal, il en ressort également que le Togo compte plus de 20 mille militaires. Par ricochet,  le plus grand nombre de soldats par habitant dans la sous-région. Un chiffre assez impressionnant, pour une population d’environ 7 millions d’habitants.

La même source affirme que plus de 20% du PIB du pays est consacré à l’entretien de cette garde pléthorique. Un coût exorbitant qui fait saigner sérieusement des secteurs vitaux que sont la santé, l’éducation, les infrastructures, etc. Et ce n’est que la conséquence directe des grèves à répétition et des marches quasi hebdomadaires, des mouvements auxquels l’on assiste depuis plusieurs mois dans les rues de la capitale togolaises mais aussi en province.

Dans la foulée, l’opinion dénonce également une armée « clanique ». Une armée sensée être républicaine mais qui ne prête allégeance qu’à l’entourage du président Faure Gnassingbé et lui-même, qui en est d’ailleurs le chef suprême.

C’est une évidence. Depuis quelques années, l’on assiste à une course à l’armement de la part des dirigeants togolais. Une situation inquiétante et qui laisse libre cours à des spéculations. La toute dernière livraison de cinq hélicoptères de type Gazelle à l’Etat togolais dont le pilier fondamental est l’armée, continue d’alimenter la polémique.

Une acquisition qui intervient dans un contexte de crise sociopolitique, ne peut qu’aiguiser la colère d’une population déchaînée et dont les aspirations sont portées par la coalition de 14 partis politiques de l’opposition.

A souligner au passage que la France a été mise en cause dans cette affaire d’acquisition d’hélicoptères d’attaque.  De sources bien introduites, ces appareils de l’armée française sont sur le point d’être retirés de la flotte militaire de la France pour être remplacés par d’autres  appareils plus perfectionnés.

Depuis 2011 les hélicoptères Gazelle sont en cours de retrait, d’où l’opportunité pour la France de les céder au Togo, dont l’objectif avancé serait la sécurisation des frontières et la prévention des attaques terroristes en cours dans la zone ouest africaine.

Mais pour certains observateurs de la scène politique togolaise, l’acquisition de ces appareils à coût de milliards de francs dans un climat sociopolitique tendu, s’inscrit plutôt dans un esprit de maintien au pouvoir.

Depuis août 2017, le Togo est secoué par une crise sans précédent, qui frappe de plein fouet son économie. Les sommes astronomiques injectées dans l’achat de ces cinq hélicoptères de guerre, ne pouvaient-elle pas servir à régler une partie des revendications sociales dans les secteurs précités ? L’on s’interroge.

Ce qu’il faut retenir, le président Faure Gnassingbé est visiblement obsédé par sa sécurité et le Togo qu’il dirige depuis février 2005 figure sur la liste des pays les plus militarisés au monde.

 

 

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