Togo/Louis Kamako: « Avec notre 4è pouvoir, nous envisageons faire asseoir pouvoir et opposition autour d’une même table »

La presse togolaise en général joue un rôle important dans le développement du pays. Aujourd’hui, on note un parterre de journalistes qui tentent à se spécialiser dans plusieurs domaines. Beaucoup d’associations et réseaux naissent. Ainsi, si certains ont choisi la politique, le sport, la culture, d’autres préfèrent le Développement en tant que concept. Au moment où le monde entier parle des Objectifs de Développement Durable (ODD), la rédaction de Africa Top Success s’est intéressée à l’une de ces organisations qui fait un travail remarquable dans ce secteur. Notre entretien avec Louis Kamako, journaliste, Secrétaire Général du JMD (Journaliste en Mission pour le Développement) nous permettra d’avoir plus d’amples informations sur la vie de cette organisation

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Vous êtes le Secrétaire Général du JMD. Parlez-nous de cette organisation

JMD, par définition veut dire Journaliste en Mission pour le Développement. Et comme vous auriez pu le déduire, c’est une association des journalistes qui se sont engagés à apporter leur contribution pour le développement du Togo voire de l’Afrique. Notre objectif est de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations à la base dans une approche de développement participatif et durable. Notre premier moyen d’action est de désenclaver les préfectures du Togo en faisant ressortir les forces et les faiblesses de chacune d’elles. C’est une jeune association qui, il faut l’avouer à toutes les difficultés pour décoller mais qui, à un avenir prometteur vu la compétence, le professionnalisme et le travail bien fait des journalistes qui le compose.

Votre organisation est née il y a de cela trois ans. Pourriez-vous nous parler de quelques unes de vos activités ?

Généralement, nous faisons des missions dans les préfectures pour réaliser des dossiers et des documents sur les sujets d’intérêt général. Nous mettons souvent un accent sur les secteurs indispensables pour le développement d’une nation à savoir la santé,l’agriculture, l’éducation, l’économie et le tourisme. Notre travail consiste essentiellement à relever les forces et les faiblesses dans ces différents domaines. Nous faisons des analyses SWOT et nous faisons des propositions dès que le sujet abordé l’exige.
C’est vrai, je l’ai dit que le JMD est une jeune association qui a toutes les difficultés pour faire son hégémonie mais nous pouvons aujourd’hui nous jeter les fleurs. Car, malgré un début titubant, nous avons déjà fait notre première preuve dans trois localités dont les autorités locales nous sont toujours reconnaissantes. Notre première mission nous avait conduit à Dankpen, à Guérin-Kouka où nous mêmes nous avons d’abord découvert beaucoup de réalités pour notre culture et en plus pour nos lecteurs ou auditeurs en parcourant pendant cinq jours les douze (12) cantons de la localité. Il faut souligner que notre passage à Dankpen a permis aux investisseurs de connaitre plus ou moins la localité et envisager d’y installer certaines entreprises. Je le dis parce qu’un an après notre passage à Dankpen, les sources nous ont révélé que beaucoup d’investisseurs s’activent à créer soit des stations d’essence dans la localité soit à installer des entreprises pour la transformation des produits agricoles. Nous avions fait le même exercice à Vogan puis dans les Kloto. Les productions de presse (reportages, dossiers ou documentaires) réalisées sont publiées ou diffusés par la vingtaine d’organes de presse qui regroupent le JMD. Elles sont aussi mises en ligne sur le site de l’association qui est le www.journaliste-developpement-afrique.com

Comment s’effectuent vos missions ?

Les missions se font en deux phases. Une première phase qui constitue la prospection. JMD a après avoir pris attache avec les autorités locales de la préfecture en question envoyée une délégation de 4 à 5 personnes faire un travail prospectif. Il consiste essentiellement à s’informer de la densité de la localité pour avoir une idée du nombre du jour que la mission peut prendre. La deuxième phase, la mission proprement dite fait voyager toute l’équipe sur le terrain. A la conférence de rédaction les sujets à traiter sont tirer au sort et chacun fait un reportage fouillé ou un dossier sur ce qui le concerne. Les articles sont mis au propre généralement au plus tard 24 heures après la collecte des informations. Une conférence de presse est convoquée pour les valider et décider de leurs publications mettant ainsi fin à la mission.

Le développement a pour soubassement la paix. Depuis quelques mois le Togo traverse une crise sociopolitique. Qu’avez vous fait dans le sens d’une sortie de crise ?

De façon associative, la Coordination du JMD a mené des actions en coulisse. Beaucoup d’échanges ont eu lieu avec les acteurs politiques dans le sens d’une proposition de sortie de crise. Souffrez que nous faisions économie de ces noms. A part cette initiative chacun de son côté continue par sensibiliser à travers ses écrits les populations sur les valeurs de paix. Et avec notre 4è pouvoir nous envisageons faire asseoir pouvoir et opposition autour d’une même table pour leur faire part de notre proposition de sortie de crise.Je prie seulement Dieu que ce jour arrive vite.

Qu’est ce qui explique votre silence ces derniers temps?

Notre silence est dû à notre moyen financier très limité. C’est une association en gestation qui n’a pas de partenaires. Les rares activités qu’on a eu à mener jusque là ont été soutenues par des personnes de bonne volonté et nos cotisations. L’association n’étant pas leur propriété, elles ne peuvent pas continuer par nous financer éternellement. A l’heure où je vous parle nous serons prêts à nous relancer si quelqu’un arrive à mettre les moyens à notre disposition. C’est le lieu pour moi de lancer un appel solennel au ministère en charge du développement à la base que ce que nous faisons ressort du son domaine. Faire du JMD son partenaire N°1 ne fera que donner plus de visibilité à ces activités sur le terrain. Mais, notre silence n’est pas aussi synonyme de cessation de nos activités. Nous poursuivons nos activités. Même si cela fait un moment où n’avons plus effectué le déplacement sur une préfecture ou une localité, laissez-moi vous dire que nous utilisons toujours nos plumes, enregistreurs et caméras pour cet objectif qu’on s’est assigné. Nous développons actuellement une stratégie de formation des membres. Après les formations portées sur le domaine de « l’aéronautique », « La transformation des produits locaux en produit de beauté », « Ecotourisme et Agrotourisme », « L’intelligence économique appliquée au territoire», «La viande de l’étable à la table», les membres sont présentement en formation sur « La fiscalité et le civisme fiscal ».

Quelles sont vos relations avec les autres organisations ou réseau des journalistes ?

Nous avons de très bonne relation basée sur la confraternité avec presque toutes les organisations. Déjà à notre cérémonie de lancement le Ministère de la Communication, la HAAC, l’UJIT, l’OTM et le CONNAP ont honoré leur présence et étaient même à la table d’honneur. Nous échangions souvent et nous recevons beaucoup de message d’encouragement de la part de ces institutions.

Si aujourd’hui, de bonnes volontés souhaiteraient  vous porter assistance, en quoi elles peut vous soutenir?

Toute assistance sera la bienvenue. Nous souhaitons vraiment avoir des partenaires surtout financiers. Vous savez, pour les missions il faut être costaud financièrement pour y arriver. Dieu seul sait combien on a dépensé pour les missions sus-citées. A part les partenaires financiers qui nous manquent nous avons aussi besoin des outils de travail.

Vos projets à court et à long terme?

A court terme, nous pensons relancer la mobilisation de fond par un appel de fond que nous organiserons très prochaine afin de pouvoir sillonner les autres préfectures. Pour ce qui concerne nos projets à long terme, je préfère ne pas en parler au risque de vous occuper toutes la bande d’enregistrement. Nous n’allons pas finir l’entretien si je commence car nous avons une kyrielle de projets.

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