Protection sociale au Togo: leaders et encadreurs de coopératives des paysans sensibilisés à Sokodé et à Atakpamé

213 total views, 3 views today

En dépit des multiples efforts consentis par le gouvernement togolais et ses partenaires sociaux, beaucoup reste à faire dans l’amélioration des conditions des travailleurs notamment ceux relevant du secteur privé. Le constat n’est guerre reluisant: moins de 5% de la population dispose d’une couverture partielle.

Les acteurs des professions libérales, les travailleurs indépendants et la plupart  des dirigeants des PME/PMI n’ont aucune protection. Il est de même des travailleurs ruraux (travailleurs agricoles et paysans) et de l’économie informelle qui englobent à elles seules, plus de 80% de la population togolaise.

Selon une récente étude menée par l’Ong Solidarité et Action pour le Développement Durable (SADD), les données sur l’aspect contributif de la protection sociale s’avèrent fortement déficitaires. En d’autres termes, le dispositif de protection sociale du Togo présente des insuffisances aussi bien quantitatives que qualitatives.

Or, la déclaration de Politique Générale du Gouvernement(2008) et le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté 2009-2011(DSRP, soulignent la priorité d’améliorer aux services sociaux de base. Cette priorité a été reprise également parmi les axes prioritaires dans le programme pays pour le Travail Décent (PPTD) 2010-2015.

Dans son engagement pour la protection des travailleurs des secteurs vulnérables, SADD a relevé  le manque de protection sociale plus précisément la couverture santé des travailleurs ruraux à l’instar des travailleurs agricoles et paysans.

C’est dans cette optique, l’Ong a jugé utile d’outiller les leaders et encadreurs des coopératives agricoles des paysans dans les localités reculées sur la protection sociale notamment au nord et au centre Togo.

Ainsi, un séminaire de formation a été organisé les 03 et 04 mai 2018 au Centre Kédia/OCDI de Sokodé et les 17 et 18 mai 2018 à l’évêché d’Atakpamé, à l’intention de ces acteurs précités.

A en croire les responsables de cette organisation de la société civile, l’ambition est de « préparer les esprits » à l’engagement et à l’adhésion pour la promotion de la protection sociale.

Concrètement, il s’agissait de sensibiliser et former les leaders et encadreurs des coopératives agricoles des paysans du centre et du Nord Togo sur la protection sociale, les mécanismes inhérents à son extension et sur l’importance de l’assurance maladie et la nécessité  d’adhérer à une mutuelle de santé.

Dans sa communication axée sur le thème « La notion de la protection sociale et son origine de droit fondamental et international de droit de l’homme »,  M Yves Dossou, le coordonnateur général de SADD a soutenu mordicus que « toute société qui offre la sécurité à ses citoyens les protège non seulement des conflits et des maladies, mais également des incertitudes liées au fait de gagner sa vie en travaillant ».

De ce fait, ce dernier a relevé que « l’engagement de mettre en place des systèmes de sécurité sociale, y compris des socles, apparaît également dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030 ».

« L’Objectif de développement durable (ODD) 1.3 appelle notamment les pays à mettre en  place des systèmes de protection sociale pour tous, y compris des socles adaptés au contexte  national, afin de réduire et de lutter contre la pauvreté. L’importance de la protection sociale  pour le développement durable se retrouve également dans plusieurs autres objectifs, notamment la couverture sanitaire universelle (ODD 3.8), l’égalité entre les sexes (ODD 5.4), l’accès à des emplois décents et la croissance économique (ODD 8.5) », a-t-il souligné.

Pour atteindre (l’ODD 8.5), Yves DOSSOU a estimé qu’il est essentiel d’étendre la couverture sociale à ceux qui en sont exclus et d’adapter les systèmes de protection sociale aux nouvelles formes de travail et d’emploi pour lutter contre le déficit du travail décent, la vulnérabilité et l’insécurité.

Le coordonnateur de SADD a par ailleurs indiqué que selon le rapport mondial 2017-2019 sur la protection sociale, « bien que la protection sociale soit au cœur du Programme de développement durable à l’horizon 2030, le droit à la sécurité sociale n’est pas encore une réalité pour les 71 pour cent de la population mondiale qui n’ont pas encore accès, ou seulement partiellement, à un système complet de protection sociale. Les pays vont manifestement devoir redoubler d’efforts en faveur de la réalisation de ce droit. »

M Dossou reste convaincu que « des systèmes de protection sociale bien conçus contribuent à réduire la pauvreté et les inégalités tout en renforçant la cohésion sociale et la stabilité politique ».

« La couverture Santé au profit des coopératives agricoles des paysans : un gage de développement humain durable du monde paysans au Togo », voilà le thème autour duquel les travaux se sont déroulés à la fois à Sokodé qu’à Atakpamé.

 

 

Réagissez sur: africatopforum.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.