Togo: une couverture forestière nationale de 24,24% contre un taux de déforestation élevé

Depuis 1977, le peuple togolais célèbre la journée nationale de l’arbre en mettant en terre de jeunes plans tous les 1er Juin de chaque année.

En instituant cette journée, les autorités souhaitent atteindre un résultat concret, celui de voir dans l’avenir un « Togo vert » avec une meilleure couverture forestière et un potentiel ligneux important.

« L’instauration de la Journée Nationale de l’Arbre a été un véritable tournant dans la vulgarisation forestière au Togo, constituant ainsi une volonté manifeste de l’Etat de reconstituer le couvert forestier de notre territoire. Le reboisement concerne à la fois les forêts et les arbres hors forêts », déclare le Ministre de l’environnement André Johnson.

Le thème de cette année étant : « Forêts urbaines et espaces verts la qualité de vie pour tous ! » le Ministre invite toute la population togolaise à planter l’arbre.

« Alors plantons les arbres pour la réduction de la pollution atmosphérique, la protection des ressources hydriques, l’atténuation des effets nocifs du soleil, du vent et de la température », a-t-il ajouté.

Le thème a été délibérément retenu pour souligner le rôle clé des forêts urbaines, la restauration des autres types de forêts et des paysages, dans la prise en compte des défis environnementaux et socioéconomiques, en particuliers le changement climatique, la dégradation des terres et la désertification, la perte de la biodiversité et la pauvreté.

Pour le Ministre, le bilan global des journées successives de l’arbre et des campagnes de reboisement, révèle que l’institution de la journée nationale de l’arbre a favorisé le développement de nouvelles activités génératrices de revenus à savoir la production de plants à travers les pépinières, la récoltes des semences forestières et fruitières, la vente de terreau etc.

Ce bilan indique que plus de 6.500 hectares de plantations étatiques ont été réalisés ces cinq dernières années par le biais de l’office de développement et d’exploitation des forêts (ODEF). Les espèces plantées sur l’étendue du territoire sont en majorité le teck, l’eucalyptus, le cassia, le khaya. Mais également, un accent est de plus en plus mis sur les essences locales pour une meilleure connaissance de leur comportement sur certains sites pilotes.

Il s’agit entre autres, du : lingué (Afzelia africana) ; Anogeissus leiocarpus (hétchi) ; ébène (Diospyros mespiliformis) ; Antiaris africana ; faux teck (Pterocarpus erinaceus).

En 2016, sur la base des résultats de l’inventaire forestier national, la superficie totale des plantations est évaluée à 53.000 hectares. Selon les statistiques de l’ODEF les plantations de l’Etat s’étendent sur plus de 20.000 hectares. Pour le domaine des particuliers, l’étude commanditée dans le cadre du processus REDD+, relative à la création des plantations forestières, a recensé plus de 2.800 plantations des privés dont la superficie cumulée s’élève à près de 11.000 hectares. Les plantations scolaires et communautaires sont également développées à travers différentes initiatives.

Par exemple dans le cadre de la mise en œuvre du Projet Adaptation de la production agricole aux Changements Climatiques (ADAPT), le reboisement communautaire a été réalisé en compensation des arbres abattus pour la mise en place des zones d’aménagement agricole planifiées (ZAAP). A cet effet, le Ministère en charge de l’Agriculture a acquis plus de 120.000 plants constitués des espèces à haute valeur économique comme le néré et le karité.

La réintroduction desdites espèces à travers le reboisement permettra non seulement de reconstituer le couvert forestier mais aussi et surtout d’assurer une source de diversification génératrice de revenus pour les populations.

Entre 2012 et 2017, la mise en œuvre du projet Gestion intégrée des catastrophes et des terres (PGICT) avec l’appui de la Banque mondiale, a permis de réaliser le reboisement de 903 000 hectares dans les écosystèmes fragiles (berge des cours d’eau, les flancs de montage et les zones dégradées).

En dépit de tous ces efforts entrepris, le Togo reste confronté à de nombreux défis environnementaux dont la dégradation de son couvert végétal. Selon les résultats de l’Inventaire Forestier National (IFN), la couverture forestière nationale est de 24,24% soit environ 1.400.000 hectares, tandis que le taux de déforestation reste élevé.

La déforestation et la dégradation des forêts sont dues aux effets cumulés de la croissance démographique et de la forte pression anthropique exercée sur les ressources naturelles, entre autres : l’utilisation du bois de feu et du charbon de bois pour les besoins en énergie domestique, les pratiques agricoles non durables, les feux de végétation, les changements d’utilisation des terres et l’exploitation anarchique de bois d’œuvre et de service. Le phénomène de déforestation et le déboisement a comme conséquence la dégradation des terres au Togo.

Face à cette situation, le Programme National de Reboisement (PNR) pour la période de 2017 à 2030, a été formulé avec l’appui de la FAO pour servir de cadre d’orientation stratégique et opérationnel de toutes les actions menées en matière de reboisement au Togo.

A en croire le ministre, l’objectif stratégique de ce programme est de contribuer à l’extension de la couverture forestière à 30% du territoire d’ici à l’horizon 2050 et à l’augmentation de la productivité des forêts existantes.

Ainsi pour les 5 années prochaines, le PNR va s’appuyer sur les modèles d’intervention et les actions pilotes actuelles de reboisement au Togo pour aménager 300 000 hectares de forêts dont 34 400 hectares de nouvelles surfaces plantées et 265 600 hectares de forêts restaurées d’ici à 2021.

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