FRANCE -MEDEF : Impôts de production : le Gouvernement se trompe de priorité.

En repoussant la baisse des impôts de production à après 2020, le Premier ministre se trompe de priorité. C’est un phénomène que l’on connaît dans nos entreprises quand, on est en retournement : il y a tellement de réformes à mener que l’enjeu devient de choisir par où commencer et de ne pas se tromper…

La France est en retournement. Parce que cela fait 30 ans que le pays dérive, que les différents Gouvernements ont laissé le pays s’enfoncer lentement, presque imperceptiblement. Et il faut reconnaître à ce Gouvernement la volonté de s’attaquer vite à des réformes structurelles.

Mais face à l’ampleur des réformes, il faut savoir mettre des priorités. Et en jugeant la question de la compétitivité-coût des entreprises secondaire, le Gouvernement se trompe lourdement.

Pourquoi ? D’abord parce que la compétitivité des entreprises est le cœur du redressement économique du pays. On peut arguer que la compétitivité, ce n’est pas que le coût et les aspects financiers, mais aussi la formation, la flexibilité du marché du travail, la souplesse du droit social, la robotique… Certes. Et certains éléments se sont améliorés dans les premières réformes. Mais n’oublions jamais que pour former ses salariés, pour mettre en place des modes de fonctionnement innovants et souples, pour investir dans les robots et les automatismes… il faut des marges. La première source de financement des entreprises, est… l’auto-financement. Alors, continuer à diminuer les charges des entreprises devrait rester la priorité numéro 1 car étant une clé pour le futur. Et c’est d’autant plus crucial aujourd’hui que notre économie est confrontée à une accélération de la mutation de l’économie : redonner de l’oxygène aux entreprises (les mettre au niveau de la moyenne européenne) est donc crucial et urgent !

Ensuite, parce que la fiscalité française est contre-productive : de trop nombreuses taxes, impôts, charges pèsent sur le compte de résultat. En d’autres termes : la France a un système où l’entreprise paye les taxes, impôts et charges indépendamment de sa santé économique (hors Impôt sur les Sociétés). Il existe en France plus d’une centaine de petites taxes, impôts, cotisations ! C’est pratique pour l’Etat, les collectivités locales et les entités en bénéficiant qui ont ainsi une forme de stabilité des ressources. C’est suicidaire pour les entreprises car alors le poids de ces prélèvements divers joue comme un accélérateur des difficultés des entreprises quand elles en rencontrent ou un blocage dans leur adaptation. L’objectif des entités publiques devrait au contraire d’alléger les charges des entreprises quand celles-ci rencontrent des difficultés. S’attaquer à la question des impôts de production devrait donc être fait dans une réforme globale de la fiscalité pesant sur les entreprises.

Enfin, parce que alléger les charges sur les entreprises, c’est aider le pays. L’entreprise est le seul acteur créateur de richesses – tout ce qui favorise sa compétitivité se traduit à terme par des emplois d’abord, mais aussi de nouvelles recette fiscales, donc le financement de nos services publics. Quand on veut relancer un moteur, on commence par mettre de l’essence, car sans carburant, on ne fera rien.

On m’objectera que le respect de nos engagements européens, et notamment notre équilibre budgétaire est clé, et que, politiquement, on ne peut pas se contenter d’une stratégie de « l’offre » au risque d’être encore caricaturé. Mais respecter nos engagements doit se faire en diminuant nos dépenses et en augmentant nos recettes. Là encore, toute entreprise en retournement le sait : il faut savoir investir tout en faisant des économies. Diminuer les impôts de production, c’est investir pour l’avenir. Faire des économies doit se faire en s’attaquant enfin réellement aux dépenses publiques, dans une dimension optimisation dans un premier temps, comme on revoit un processus d’achat.

Quant à la dimension politique, je crois que l’important est d’avoir des résultats au moment où la majorité actuelle reviendra devant les urnes. Or, redisons le clairement : baisser les charges fonctionne (le Pacte de responsabilité en est une illustration), mais demande du temps. Plus le Gouvernement actuel tarde, plus il prépare des résultats pour… ses successeurs.

Patrick Martin
Candidat à la présidence du MEDEF

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