Burkina Faso: affaire François Compaoré, un dossier vide ?

Décidément François Campaoré sera encore placé quelques mois sous contrôle judiciaire. Depuis son arrestation en octobre 2017 en France, le dossier du petit frère de l’ancien président Blaise Compaoré semblerait vide puisque jusque là les juges Français réclament des preuves physiques. La chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris a renvoyé le délibéré au 3 octobre 2018, le temps nécessaire pour l’État  burkinabé de lui fournir des informations supplémentaires.

La chambre qui devait normalement répondre à la demande d’extraction de François, a demandé au Burkina Faso d’apporter « des éléments matériels précis, de nature à démontrer l’implication de François Compaoré dans l’assassinat des quatre personnes ».

Aussi a-t-elle demandé « l’acte de réouverture de l’information judiciaire au Burkina ainsi que le régime d’amendement des peines, dans le cas où François Compaoré écoperait de la prison à perpétuité ».

Me Pierre-Olivier Sur, avocat de François Campaoré commente cette demande de la chambre et parle de la preuve d’un dossier vide. Pour lui, « depuis un an que cette procédure a commencé, le Burkina Faso n’a pas été en mesure de nous adresser les pièces matérielles qui peuvent corroborer les accusations portées contre François Compaoré. Cela signifie tout simplement qu’elles n’existent pas ».

De son côté, l’avocate du Burkina Faso, Me Anta Guissé ne fait pas la même analyse comme son confrère à décharge. A l’en croire, « si la chambre avait estimé qu’il n’y avait rien dans le dossier, elle n’aurait pas demandé des informations complémentaires, mais aurait tout simplement donné un avis défavorable. Faire des affirmations péremptoires sur le fait que le dossier soit vide est gratuit. Ils ne connaissent pas le dossier puisque monsieur Compaoré ne s’est pas présenté devant le juge d’instruction pour en connaître l’intégralité ».

Déjà, les autorités du Burkina Faso, qui souhaitent entendre le petit frère de l’ancien président dans l’affaire de l’assassinat du journaliste d’investigation Norbert Zongo et de ses compagnons le 13 décembre 1998, seraient à pied d’œuvre pour transmettre ces informations, avant le délibéré.

Mais entendant le 3 octobre prochain, les juges qui ont décidé de maintenir le contrôle judiciaire de François Compaoré se posent des interrogations sur la date d’entrée en vigueur de la nouvelle convention bilatérale France-Burkina Faso, signée le 24 avril.

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