France : comment l’affaire BENALA devient une affaire MACRON

Directeur-adjoint du cabinet du Président de la République, Alexandre BENALA, vient d’être mis en garde à vue pour des actes violents commis à l’encontre de manifestants, le 1er Mai dernier. Chaque jour apporte son lot de révélations : suppression d’une vidéo par des policiers de haut rang pour effacer les preuves. Une communication trop timide de l’Elysée laisse prospérer la crise dont l’opposition s’est emparée.

À partir de 2011, Alexandre Benalla assure la protection des responsables du Parti socialiste, notamment de Martine Aubry ou encore de François Hollande. En 2012, il entre au service d’Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif, en tant que chauffeur. Mais l’expérience tourne court. «Je m’en suis séparé au bout d’une semaine après une faute professionnelle de première gravité: il avait provoqué un accident de voiture en ma présence et voulait prendre la fuite», raconte Arnaud Montebourg au Monde.

Trois jours après la révélation de l’affaire Benalla par le Monde, le feuilleton continue. La garde à vue d’Alexandre Benalla a été prolongée et son appartement à Issy-les-Moulineaux a été perquisitionné ce matin. Quatre autres personnes se trouvent également en garde à vue :  Vincent Crase ainsi que les trois policiers soupçonnés d’avoir transmis des images de vidéosurveillance au collaborateur de Macron.

Après deux jours de polémique, Alexandre Benalla a été placé en garde à vue vendredi pour violences en réunion par personne chargée d’une mission de service publique, usurpation de fonctions, port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique, complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection

La préfécture de police a également confirmé à France-Soir que le policier était en mission ce 1er mai place de la Contrescarpe. Chargé d’encadrer Alexandre Benalla, présent sur les lieux sous statut «d’observateur» en tant que chargé de mission auprès de la présidence de la République, Philippe Mizerski semble avoir adopté un comportement qui pose lui aussi des questions

Sur place, l’observateur est encadré par le commissaire de la DOPC Philippe Mizerski, précise Buzzfeed. Le secteur est placé sous l’autorité déléguée du commissaire Maxence Creusat, membre de l’état-major de la DOPC, dirigé par Alain Gibelin.

Un parcours impressionnant et météoritique

L’Elysée aurait encouragé Alexandre Benalla, adjoint au chef de cabinet du président de la République et intime du couple Macron, à soumettre sa candidature au poste de sous-préfet dans le cadre des nominations au tour extérieur.Mais l’information, éventée dans les milieux préfectoraux, a suscité de telles oppositions qu’Alexandre Benalla, âgé de 26 ans, a dû renoncer malgré lui à présenter sa candidature, sachant en outre que la limite d’âge inférieure est fixée légalement à 35 ans. Les privilèges dont jouissait déjà ce jeune homme, devenu lieutenant-colonel dans la réserve citoyenne et bénéficiant d’un traitement de quasi-ministre avec voiture de fonction et chauffeur, n’avaient de cesse d’agacer en haut lieu. Il disposait aussi d’un appartement de fonction dont le loyer est estimé à 10 000 €/mois. Mais c’est sa candidature au poste de sous-préfet a été, selon nos informations, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

L’exaspération du député Marc LE FUR : le badge H, un badge super-privilégié d’accès à l’Assemblée Nationale

Il disposait d’un tel badge depuis le 27 juillet 2017. Il lui a été retiré récemment.

Christian JACOB, chef du groupe parlementaire LR, Les Républicains  :  » Le poisson pourrit par la tête ».

 

Gérard Collomb, le fusible ?

Dans le cadre de l’enquête, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb sera auditionné lundi par la commission des Lois. Si LREM a accepté de rendre publiques les auditions, à quelques exceptions près, l’opposition souhaite que l’ensemble des interrogatoires soit publié. Un point de désaccord qui paralyse l’hémicycle et s’ajoute au blocage des députés : ils ne reprendront pas les débats avant d’avoir entendu les explications d’Edouard Philippe à l’Assemblée.

le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb

L’IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale) a suspendu trois policiers (un commissaire, un contrôleur général et un commandant). Ces derniers ont été placés en garde à vue samedi pour « détournement d’images issues d’un système de vidéo protection » et « violation du secret professionnel ».

Les trois haut gradés mis en cause appartiennent à la Direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) de la préfecture de police de Paris. Il s’agit du chef d’état-major adjoint, d’un commissaire présent au moment des faits, place de la Contrescarpe à Paris, et du commandant en charge des relations entre la préfecture de police et l’Elysée, ont rapporté plusieurs sources proches du dossier.

Alexandre BENALA, le er Mai dernier, affublé d’un brassard « Police » (Il n’est pas policier !)

L’absence du Premier ministre, en déplacement sur le Tour de France, ainsi que le silence du gouvernement provoque la colère de la classe politique. D’autant plus que de nouvelles photos montrant Benalla auprès d’Emmanuel Macron lors d’événements extérieurs récents contredisent la version de l’Elysée.

 La Commission des lois de l’Assemblée nationale a trouvé samedi un accord sur le caractère public des débats qui se tiendront dans le cadre de la commission d’enquête. Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb sera auditionné lundi à 10 heures. Il le sera de nouveau au Sénat le lendemain, mardi, à 17 heures 45.

Alexandre Benalla « était fasciné par le film Bodyguard », selon une personne qui l’a cotoyé.

La Rédaction

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