Afrique/Restitution des biens culturels: la France s’active !

La question de restitution du patrimoine culturel aux pays africains continue d’alimenter les discussions. Mandatés par le président français Emmanuel Macron, les Pr. Felwine Sarr et Bénédicte Savoy ont entamé depuis peu une tournée sur le continent notamment vers des pays comme le Bénin, Mali, Sénégal et le Cameroun.

Ces rencontres visent un échange direct sur le terrain avec divers interlocuteurs, car comme l’explique Bénédicte Savoy dans les colonnes de Cameroon Tribune du 20 juillet dernier, «du point de vue occidental, il y a beaucoup de fausses idées sur la manière dont différents pays africains sont capables ou non de gérer leur propre patrimoine». Bien que plusieurs questions restent encore sans réponses, les experts ont eu au Cameroun à discuter avec l’autorité administrative, des chefs traditionnels venus du Littoral, de l’Ouest, du Nord ouest et du Sud-ouest.

Est-ce que les différents pays disposent des lieux appropriés pour la conservation de ses objets ? Il y a-t-il des experts qui peuvent manipuler à biens les objets d’arts et veiller à leurs conservations ? Voilà au temps de questions qui reviennent. Felwine Sarr a pour sa part rappelé les enjeux de leur mission qui consiste à analyser la faisabilité de la restitution des biens culturels, car, «La restitution soulève des questions d’ordre historique, politique, juridique, technique, philosophique, symbolique. Et l’une des questions importantes pour nous, c’est comment on va resocialiser les objets lorsqu’ils vont revenir».

D’après la RFI, près de 90% patrimoine africain se trouverait actuellement hors du continent. Une situation sur laquelle s’est penchée l’Unesco lors la conférence internationale sur la circulation des biens culturels en juin dernier.

« L’Unesco fait bien de se saisir du dossier pour l’élargir, pour que ce ne soit pas qu’une question de tête-à-tête entre l’Etat français et les pays africains mais que l’on aille au-delà car la France n’est pas seule concernée et donc par le biais de l’Unesco, nous pensons qu’il est important et utile que ce sujet soit sur la table », avait déclaré Alain-Claude Bilie Bi Nzé, le ministre gabonais de la Culture.

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