Togo: vers la réduction des risques liés au financement des PME/PMI

Le secteur privé togolais, à l’instar de celui des autres pays de l’UEMOA, est constitué majoritairement de PME/PMI soit environ 80 à 95 % de notre tissu économique. C’est cette catégorie d’entreprises qui est créatrice de la majorité des emplois et de la richesse dans l’économie. Mais force est de constater que la part de crédits bancaires qui leur est allouée demeure encore faible pour leur permettre de continuer à jouer ce rôle.

Ladite catégorie d’entreprises est redoutée par les banques car elles représentent un risque avéré.

« La difficulté majeure rencontrée par les banques dans l’accompagnement des PME/PMI  est le manque de professionnalisme qui se traduit par le fait que quelques promoteurs des PME/PMI sont très souvent des personnes qui exercent des activités sans aucune formation de base. Leurs activités sont conduites sans une bonne vision, un bon « business plan » et une bonne stratégie. Ainsi, l’une des inquiétudes des banquiers réside dans la gestion temporelle de l’entreprise, indispensable pour assurer sa pérennité » déclare Legzim Balouki Ministre du Commerce et de la Promotion du secteur privé.

Des approches de solutions ont été esquissées ici et là sans résultats tangibles. Pour pallier à ces difficultés, le Conseil des Ministres de l’Union Monétaire Ouest Africaine a adopté, le 29 septembre 2015, la Décision n°29/09/2015/CM/UMOA, pour mettre en place un Dispositif destiné à soutenir le financement des Petites et Moyennes Entreprises/Petites et Moyennes Industries (PME/PMI). L’objectif du Dispositif est de créer une masse critique de petites et moyennes entreprises/industries performantes, en vue d’augmenter leur contribution à la création de richesses et à la lutte contre le chômage.

La mise en œuvre réussie de ce Dispositif nécessite l’implication de plusieurs acteurs notamment les Etats, les structures d’appui et d’encadrement des PME/PMI, la Banque Centrale, les établissements de crédit ainsi que le marché financier régional.

A cet effet, il est demandé à chaque Etat membre de l’UEMOA de créer en son sein un Comité chargé d’identifier les structures d’appui et d’encadrement des PME/PMI.

Au Togo, le Comité a été créé par l’arrêté interministériel n°004/MCPSP/MEF/MIT du 20 février 2018. Le Comité est composé des représentants de l’administration publique (Ministère du Commerce et de la Promotion du Secteur Privé, Ministère de l’Economie et des Finances, Ministère de l’Industrie et du Tourisme), du secteur privé (Patronat, GTPME/PMI) et de la Direction Nationale de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

Il a pour missions de définir les critères de sélection des structures d’appui et d’encadrement des PME/PMI ; sélectionner les structures ayant les capacités nécessaires notamment les moyens humains, matériels et organisationnels pour encadrer les PME/PMI, dans le cadre de la mise en œuvre du Dispositif de soutien au financement ; établir et tenir à jour la liste des structures d’appui et d’encadrement ; et assurer une large diffusion de la liste des structures d’appui et d’encadrement sélectionnées, notamment dans la presse, auprès de tous les établissements de crédit et des faîtières des PME/PMI.

Le Comité après sa mise en place, a déclenché le processus d’identification des structures d’appui et d’encadrement.

A ce jour, le Comité a retenu treize structures ayant les capacités nécessaires pour appuyer et encadrer les PME/PMI, sur les quatorze qui ont soumissionné.

La mission de ces structures d’appui et d’encadrement des PME/PMI résidera dans l’accompagnement des entreprises à satisfaire aux conditions d’éligibilité ainsi qu’au suivi des entreprises qui bénéficieront des financements.

Le Comité poursuivra ses activités par l’homologation des tarifs des prestations fournies par les structures publiques de suivi et d’encadrement ainsi que la vulgarisation du Dispositif auprès des PME/PMI à travers des ateliers régionaux sur toute l’étendue du territoire national.

Rappelons que le gouvernement a également entrepris des réformes institutionnelles qui ont débouché sur la création de plusieurs instruments tels que l’Agence nationale de promotion et de garantie de financement des PME/PMI (ANPGF)pour encourager les porteurs de projets et leur fournir deux types de services à savoir l’accompagnement technique dans le montage des dossiers et la garantie des crédits auprès des institutions financières décentralisées partenaires ; le Fonds d’Appui aux Initiatives Economiques des Jeunes (FAIEJ qui garantit les prêts consentis aux jeunes par les institutions financières afin de booster l’entrepreneuriat des jeunes ; le Fonds National de la Finance Inclusive (FNFI) lancé par le Président de la République en janvier 2014 afin de permettre aux populations pauvres marginalisées des systèmes classiques de financement de bénéficier aujourd’hui de produits financiers adaptés à leurs besoins ; la décision du Chef de l’Etat d’accorder, à compter de janvier 2018, 20% des marchés publics aux jeunes et aux femmes dirigeants de PME/PMI.

 

 

 

 

 

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