« This is Nigeria »: le tube qui fait rougir l’administration Buhari

Avoisinant les 14 millions de vues sur Youtube en seulement trois mois, et provoquant une avalanche de réactions sur les réseaux sociaux, le hit « This is Nigeria » du rappeur Falz est interdit de diffusion sur les médias nigérians.

En parodiant le clip de l’américain Childish Gambino « This is America », le rappeur nigérian Falz suscite un débat enflammé et dénonce avec fracas les maux qui rongent son pays: corruption, népotisme, drogue, pauvreté, libre circulation des armes à feu…

Falz dénonce notamment dans son titre « les politiciens qui volent des milliards et des villas et ne vont jamais en prison ». Avant d’ajouter : « Voici le Nigeria, regardez comme nous vivons, tout le monde est criminel ».

Le début du clip laisse imaginer un meurtre à la machette, puis montre des danseuses voilées, qui rappellent les lycéennes de Chibok. Entre culture du bling-bling et pouvoir religieux, on voit des jeunes boire des verres de sirop pour la toux, pointant du doigt les problèmes de drogue à la codéine chez les jeunes Nigérians.

Mais selon la National Broadcasting Commission, les paroles véhiculées par la chanson sont décrites comme « indécentes et vulgaires ».

« Et c’est intentionnel, je voulais perturber l’espace politique. Et j’y suis parvenu »

Alors que les élections générales sont prévues en février 2019 au Nigeria, « This is Nigeria », mis en images, se veut une sorte de parodie militante, très critique à l’égard de l’administration Buhari.

« C’est controversé. Il y a beaucoup de choses dans la vidéo qui sont controversées. Et c’est intentionnel, je voulais perturber l’espace politique. Et j’y suis parvenu », a laissé entendre le rappeur, dans un entretien exclusif avec l’AFP.

« En tant qu’artistes, nous ne sommes pas très conscients de notre espace politique. Tout le monde est pris pas le diversement et la joie de vivre, et nous oublions qu’ils se passe beaucoup de choses ici en Afrique en tant que continent. Il y a beaucoup de problèmes et de luttes dont nous devons constamment parler pour qu’il y ait, d’une façon ou d’une autre, une réaction à cela. Maintenant plus que jamais, nous devons faire comprendre aux jeunes que nous sommes les seuls à pouvoir changer notre avenir. Donc si les gens ne vont pas voter, nous serons toujours coincés dans le même pétrin dont nous nous plaignons », a ajouté Falz.

Ainsi, le pays, présidé par Muhammadu Buhari, est au plus mal si l’on en croit ce clip. En vérité, écrit Jeune Afrique, il ne fait qu’illustrer une réalité avec laquelle compose péniblement le Nigeria où Buhari a annoncé, il y a peu, vouloir briguer un second mandat.

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