« Je préfère vous dire à bientôt »: que cache la petite phrase de Kabila ?

Quand Joseph Kabila tousse en Namidie, les gens sont enrhumés en RD Congo, pourrait-on se permettre de dire.  « Comme je n’aime pas les adieux, je préfère vous dire à bientôt », c’est avec cette petite phrase que le président Congolais a achevé son discours le 17 août dernier à Windhoek, en Namibie, devant ses pairs de la Communauté des Etats d’Afrique australe (SADC).

C’est la toute première intervention de Joseph Kabila depuis la désignation de son dauphin pour les élections, Emmanuel Ramazani Shadary, qui devrait porter les couleurs du parti présidentielle lors de la présidentielle de décembre prochain.

Comme l’on s’y attendait naurellement, la réaction de la classe politique ne s’est pas fait attendre en RD Congo.

Si le porte-parole du gouvernement Lambert Mende se dit « fier » de l’intérêt que porte l’opposition à l’actuel chef de l’Etat, la phrase du chef de l’Etat de la RD Congo, comporte une certaine ambiguë, selon les contestataires du pouvoir de Kabila.

Et chacun y va de son interprétation, au micro de RFI:

Jonas Tshiombela, du Comité laïc de coordination (CLC), structure de l’Eglise catholique congolaise qui a appelé à des mobilisations pour le départ de Kabila:

« Le chef de l’Etat continue d’entretenir délibérément l’ambiguïté inutile qui sème la confusion dans l’opinion. Je doute même de sa volonté politique réelle de conduire un processus électoral crédible inclusif. Le flou dans ce sens appelle à la vigilance, à la prudence et aussi à la mobilisation. »

Delly Sesanga, le secrétaire général de la plateforme Ensemble pour le changement de l’opposant Moïse Katumbi

« Ces propos ont un goût plutôt amer. Nous prenons cela comme de l’humour qu’il a voulu faire avec ses collègues. Au-delà de cela, nous sommes plutôt préoccupés par la non prise en compte des vraies urgences du processus électoral. D’abord l’inclusivité, « permettre à ce que Moïse Katumbi dépose sa candidature », la machine à voter « qui doit pouvoir être exclue du processus » et enfin le nettoyage du fichier électoral et les mesures de décrispation de l’environnement politique « pour permettre à la fois une ambiance préélectorale correcte et favoriser des élections qui soient véritablement apaisées ». Or, « ces urgences ne semblent pas prises au sérieux au niveau du président de la République et de son camp pour la suite du processus ».

 

 

 

 

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