Politique africaine des Etats Unis: rien n’a bougé ?

Les Etats Unis s’intéressent-ils à l’Afrique ? L’on est tenté de répondre par l’affirmatif, d’un point de vue global, mais en ce qui concerne l’actuel locataire de la Maison Blanche, ce serait une erreur de le penser.

Donald Trump qui a qualifié les pays africains de pays de merde n’a cessé d’afficher son mépris envers le continent africain, notamment durant la campagne présidentielle. Il a démontré sa méconnaissance totale de la question africaine, voire son indifférence.

Le 8 novembre 2016, Donald Trump devenait, contre toute attente, le 45e président des États-Unis. S’il a franchi le seuil de la Maison-Blanche grâce à son slogan « America First », il parait logique qu’il lui serait difficile de trouver une ligne directrice dans la politique étrangère américaine.

Beaucoup croyaient  en effet que la visite effectuée aux Etats-Unis par le Président nigérian, sur invitation du président Trump en avril dernier, était une volonté d’amorcer un déclic. Même si ce déplacement de Buhari avait été largement commenté dans la presse, au finish, c’était zéro pointé vis à vis de la politique extérieure de Tump par rapport notamment au continent noir.

La réalité est que depuis Georges Bush, souligne nos confrères du site Rewmi dans un article, rien n’a vraiment changé dans la politique américaine pour l’Afrique. Cette politique peut se résumer en ces mots : désir d’implantation.

Les Américains ont un œil sur les matières premières dont regorge l’Afrique et ils ne sont pas prêts à laisser la Chine opérer seule. Et Donald Trump semble loin de l’Afrique, privilégiant le passage en force au dialogue, le deal plutôt que le rapport de confiance.

Voici un extrait du contenu de l’article que nous reprenons pour vous

Bush a innové en 2008 en installant le Commandement militaire américain pour l’Afrique (Africom), une initiative unique dans l’histoire de l’humanité où un pays instaure une armée pour un autre ou d’autres. Depuis, l’initiative continue et ni Obama ni Trump n’ont changé la donne.

Cette politique s’intéresse à deux secteurs clefs : La sécurité et l’économie

Résultat, aujourd’hui, les Etats-Unis sont présents militairement à ‘Djibouti, en Ethiopie, au Kenya et aux Seychelles afin d’y déployer des drones pour surveiller et, le cas échéant, frapper les combattants islamistes en Somalie ou au Yémen, ou encore que, via l’US Africom, le commandement pour l’Afrique, des coopérations militaires avec plusieurs pays africains avaient été lancées’’ écrit Laurent Lagneau dans le site Opex360.com.

La même source révèle l’existence d’au moins 12 bases militaires secrètes américaines sur le continent africain. Il écrit : ‘’Ainsi, le Pentagone y aurait installé une douzaine de bases « secrètes » afin de mener des missions de renseignement menées par des équipes de forces spéciales et des « contractors », c’est-à-dire des employés de sociétés militaires privées.

Pour cela, ces derniers utilisent des avions de type Pilatus PC-12 (photo) à l’allure civile, dotés de capteurs et de caméras afin de survoler les régions où les groupes jihadistes et autres mouvements rebelles sont actifs. Cet appareil, appelé U-28A par l’armée américaine, peut opérer depuis des pistes à la fois très courtes et sommaires, ce qui permet de les avitailler discrètement et d’étendre ainsi leur rayon d’action. D’où son utilisation en Afrique.

L’une de ces bases « discrètes » est située à Ouagadougou, au Burkina Faso(…)’’.

Le général Joseph Dunford, le chef d’état-major interarmées américain, a reconnu, en octobre 2017, réagissant à la mort de militaires américains au Niger, que ‘’C’est bien pourquoi nous conduisons les sortes d’opérations que nous avons au Niger pour nous assurer que les forces locales ont la capacité de les en empêcher.Nous allons faire des recommandations au secrétaire [à la Défense, James Mattis] et au président [Donald Trump] sur la répartition des unités nécessaires pour répondre au niveau de menace que nous évaluons », a indiqué général Dunford.

Actuellement, environ 800 militaires américains travaillent au Niger dans le cadre d’un effort international mené par 4 000 soldats français pour vaincre des terroristes en Afrique de l’Ouest », a-t-il précisé. Certains sont affectés à la base aérienne d’Agadez, située dans le centre du pays’’.

La coopération est plus active que jamais et les manœuvres Flintlock 2018 viennent de s’achever au Niger.

Un pays comme le Sénégal reçoit un appui en matériel comme des radars pour surveiller la côte maritime et un appui technique avec la formation de ses unités.

C’est en tout cas ce qu’a révélé le Capitaine de Corvette de la marine américaine, Anthonio Falva, par ailleurs porte-parole de Africom.

Idem sur le plan économique. Le désir de Washington est de contrer l’avancée économique spectaculaire ces dernières années de la Chine sur le continent.

Ainsi, les leaders africains qui collaborent avec la Chine sont systématiquement arrêtés aux Etats-Unis pour ‘’corruption’’ dans un souci d’intimider les cadres afin qu’ils ne favorisent pas les chinois.

Cheikh Tidiane Gadio, ancien Ministre des Affaires étrangères du Sénégal, et Mahmadou Thiam, ancien Ministre guinéen de l’Energie, sont aujourd’hui aux arrêts aux Etats-Unis.

Les Américains ont un œil sur les matières premières dont regorge l’Afrique et ils ne sont pas prêts à laisser la Chine opérer seule.

Cependant, cette arrivée en force des Américains n‘est pas sans inquiéter les Africains qui ont du mal à se départir du joug néocolonial français ou anglais, pour ne citer que ces deux pays.

Le mal de l’Afrique est qu’elle ne fait jamais rien par elle-même. La polémique sur l’autoroute à péage au Sénégal démontre un manque criard de marge de manœuvre de nos autorités quand il s’agit de négocier.

Nous mettre sous tutelle sécuritaire est une façon de nous imposer une tutelle économique car, depuis que ces initiatives comme Africom existent, la sécurité ne s’est pas du tout améliorée dans le continent. Le Mali et le Burkina Faso sont plus que jamais menacés et attaqués.

En conséquence, il serait intéressant que l’Union africaine, les organisations sous-régionales comme la Cedeao, imposent aux Etats-tiers une sorte de feuille de route de coopération en Afrique qui tienne compte de la souveraineté des Etats et de leurs intérêts.

Malheureusement, pour le moment, la dépendance de l’Afrique envers l’extérieur obstrue toute initiative interne efficace de nature à faire sortir le continent de la pauvreté et de l’insécurité.

 

 

 

Réagissez sur: africatopforum.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.