Cameroun: le Conseil constitutionnel va-t-il invalider le scrutin présidentiel ?

Le conseil Constitutionnel camerounais réalisera-t-il l’exploit de la Cour suprême kényane ? La question effleure déjà plusieurs esprits et reste le souhait de la majorité de l’opposition. Organe régulateur du fonctionnement des institutions de la république, le Conseil doit statuer sur dix sept dossiers avant le 22 octobre, date de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 07 octobre dernier.

Introduit par les candidats à l’élection, les recours demandent d’après RFI, l’annulation totale ou partielle du scrutin pour raison d’irrégularités auxquels certains ajoutent un scrutin trop « émaillé ».

Joshua Osih, du Social democratic front (SDF) qui justifie sa demande par une kyrielle d’irrégularités qui, de son point de vue, mettent à mal l’unité nationale et compromettent durablement la sincérité de cette élection d’après notre source. Outre le candidat du SDF, Maurice Kamto pour sa part, demande l’annulation partielle des opérations électorales dans les bureaux de vote des régions anglophones. Les réponses aux recours sont attendues avant le 20 octobre.

Si le conseil constitutionnel camerounais confirme la thèse avancée par les opposants, les camerounais devront une nouvelle fois se rendre aux urnes comme c’était le cas au Kenya.

En août 2017, saisi par l’opposant historique Raila Odinga, la cour suprême kényane avait prononcée l’annulation des premiers résultats des élections pour cause ‘’d’irrégularité’’ et ordonnée la tenue d’une nouvelle élection présidentielle dans les 60 jours. Une élection qui portera toujours le président Uhurru Kenyatta à un nouveau mandat à la tête du Kenya.

Au Cameroun, les politiciens restent septiques en ce qui concerne l’impartialité du conseil. Face à un conseil officiellement mis en place en février 2018, où tous les membres (issus du part au pouvoir) ont été nommés par le président de la République pour un mandat de six ans renouvelables, il y a de quoi rester sur ses gardes. Les opposants n’auront fait que lancer un cailloux dans la mer avec leur recours.

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