Rwanda: l’opposante Diane Rwigara risque 22 ans de prison

Diana Rwigara, l’opposante qui a retrouvé la liberté provisoire il y a peu, a comparu ce mercredi 07 novembre avec sa mère, devant le Parquet rwandais qui a requis 22 ans de prison contre cette dernière: 15 ans pour « incitation à l’insurrection » et sept ans pour « contrefaçon de documents ».

Sa mère encourt la même peine : 22 ans pour « incitation à l’insurrection » et « incitation à des divisions » dans le pays pour des contacts WhatsApp avec des opposants à l’étranger.

Le verdict est attendu le 6 décembre prochain et sera rendu par une formation de trois juges.

Devenue au Rwanda l’une des principales voix critiques contre le président Paul Kagame, Diana Rwigara avait tenté en vain de se présenter à la dernière élection présidentielle face à Paul Kagame.

Pour elle, le Rwanda s’apparenterait à « une prison » dont le gardien est le parti au pouvoir de Paul Kagame.

« Je sors tout juste de prison, mais mon pays me donne l’impression d’être comme une prison. Et le gardien de cette prison n’est autre que le parti au pouvoir, le FPR (Front patriotique rwandais) qui nous dicte comment vivre, ce qu’il faut faire et ce qu’il faut dire….. Si vous osez critiquer le gouvernement, voilà ce qui arrive: vous vous faites arrêter, emprisonner ou vous perdez la vie. Je m’attendais à une forme de riposte. Le plus difficile pour moi, ça a été de voir ma mère et ma sœur dans cette situation », a déclaré Diana Rwigara à la veille du procès.

Manque de preuves pour la défense, rapidité des débats

La mère et la fille ont démenti toutes ces accusations. Leurs avocats ont dénoncé le manque de preuves. Le verdict sera rendu le 6 décembre. Les proches de la famille Rwigara eux dénoncent la rapidité avec laquelle les débats ont été menés. Tout va très vite alors qu’hier encore l’activiste rwandaise a tenu des propos très durs envers le régime.

Diane Rwigara et sa mère Adeline, faut-il le rappeler, ont passé près de un an en prison ; la sœur Anne accusée au même titre que les autres, sera relâchée et ses charges abandonnées en octobre 2017.

Diane et sa mère sont accusées de faux et usage de faux, d’incitation à l’insurrection et d’évasion fiscale et risque 07 à 15 ans de prison.

« Ma famille n’avait rien à voir avec mon engagement politique, donc ça a été un choc (…) Les gens deviennent coupables par association, dans le sens où ma famille devait être punie pour mes actions. C’est la méthode que le gouvernement utilise contre ses détracteurs », dénonce Diane Rwigara.

Le péché de l’opposante est d’avoir déposé sa candidature au scrutin présidentiel de 2017. Un fait qu’ont déploré les associations de défenses des droits de l’homme.

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