Nanaalim: une solution astucieuse pour conserver de l’Attiéké

Très prisé, l’attiéké est un mets traditionnel ivoirien à base de manioc. Une popularité de ce plat oblige certains à apporter leur pierre à sa pérennité. C’est le cas par exemple de Sabine Nana. Cette ivoirienne qui vit hors de son pays s’est rendue compte de l’importance de ce mets.

En 2002, Sabine et ses camarades ont quitté la Côte d’Ivoire en guerre pour s’installer au Burkina Faso. Entre la peur et la nécessité de survivre, elles ont pensé à une initiative commune. Elles reconstruisent leurs vies grâce à la transformation du manioc en attiéké frais et séché.

Sabine et ses amies ont démarré leur activité dans le beurre de karité et le mil germé. Mais cela ne leur rapportait pas, car d’autres associations le faisait mieux qu’elles. Comme elles avaient déjà de l’expérience dans la fabrication de l’attiéké qu’elles ont apprises en Côte d’Ivoire, elles se sont lancées dans la transformation du manioc pour le marché burkinabé.

« En 2008, un partenaire a commandé 3 tonnes d’Attiéké. Mais quand on a fini de faire, il a désisté. Il fallait qu’on commence à l’écouler. Comme c’est beaucoup, ça a commençait par se gâter. J’ai eu l’idée de sécher pour voir ce que cela peut donner. Au moins pour éviter les dégâts… Après j’ai remis à la vapeur, le résultat était meilleur » indique Sabine Nana.

Au-delà de la qualité qui reste intacte, Sabine Nana estime que cela reviendra encore plus économique. « J’ai conservé cet Attiéké durant 4 ans. Et après il n’y a pas de changement. On n’ajoute aucune substance », a-t-elle indiqué.

Aujourd’hui, Sabine a créé sa propre unité de transformation de manioc appelée « NANAALIM », qui emploie 50 personnes et dispose d’une capacité de production de 5 tonnes par jour.

« La vision de l’unité c’est servir cet attiéké qui est conservable plus de trois ans », dit Sabine.

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