Rwanda: Paul Kagame répond au « tweet » de Michaëlle Jean

Encore à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) pour quelques jours, Michaëlle Jean devrait être remplacée en janvier prochain par la Rwandaise Louise Mushikiwabo. Dans un tweet le 8 novembre, Michaëlle Jean avait écrit : « Suivons avec la plus grande attention le procès intenté au #Rwanda contre l’activiste en faveur de la liberté d’expression #DianeRwigara et de sa mère libérées provisoirement début octobre, accusées devant un tribunal de Kigali d’incitation à l’insurrection ».

La Canadienne faisait allusion au fait que le parquet rwandais avait le 7 novembre requis 22 ans de prison contre Diane Rwigara, 37 ans, opposante et très critique vis à vis du président Kagame, et accusée d’incitation à l’insurrection et de falsification de documents. Des charges qu’elle conteste vigoureusement.

A souligner que le parquet rwandais a également requis 22 ans de réclusion contre sa mère, Adeline Rwigara, « pour incitation à l’insurrection et promotion du sectarisme ».

A Kigali, le  message jugé « opportuniste » a fait réagi l’entourage de Paul Kagamé à l’instar de Olivier Nduhungirehe, le secrétaire d’État au ministère rwandais des Affaires étrangères en charge de l’East African Community et Ange Kagame, la fille du dirigeant rwandais.

S’exprimait dimanche en marge du Forum de Paris sur la paix, le président Kagame a laissé entendre ceci: « Notre système judiciaire opère librement, tout le monde devrait le savoir (…) Cette question n’a rien à voir avec la Francophonie », à un journaliste de l’AFP qui l’interrogeait à propos du tweet de Mme Jean.

La candidature à l’élection présidentielle de 2017 de Diane Rwigara avait été invalidée par la commission électorale. Elle a à plusieurs reprises accusé le gouvernement rwandais de maquiller les chiffres de l’économie pour les enjoliver. Kagamé a été réélu le 4 août 2017 pour un nouveau mandat de sept ans avec près de 99% des voix. Une réforme de la Constitution adoptée par référendum fin 2015 lui permet de potentiellement diriger le pays jusqu’en 2034.

Le français dans les écoles rwandaises

La candidature du Rwanda à la tête de l’OIF – dont l’une des missions est de contribuer au renforcement de la gouvernance démocratique, de l’État de droit et du rôle de la société civile – avait suscité des critiques. Kigali avait aussi donné l’impression de s’éloigner de la France en remplaçant en 2008 le français par l’anglais comme langue d’enseignement obligatoire à l’école, puis en rejoignant le Commonwealth en 2009. Interrogé à ce sujet, le président Kagame a déclaré dimanche à l’AFP que « le français n’avait jamais disparu des écoles rwandaises et que son enseignement continuerait. »

Jeune Afrique

 

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