Akli Mellouli (PS) dans El Watan : «Nous ne pouvons plus accepter la ‘lepenisation’ des esprits, le populisme et le repli sur soi»

Akli Mellouli, né en Algérie, rejoint en 1988 le Parti socialiste. Il est secrétaire général de la gauche arc-en-ciel. Il est l’un des fondateurs, au début des années 2000, du think thank Prairial 21, qui luttait pour la reconnaissance de la diversité au sein des partis politiques. Il est interviewé par le quotidien algérien El Watan.

Le défi qui nous est posé, c’est l’exercice du pouvoir. On ne reviendra au pouvoir que si les Français pensent qu’on peut gouverner. Autrement, ils iront de mauvaises expériences en mauvaises expériences, voire finir dans les bras des populistes et des fascistes.

Nous ne pouvons plus accepter la «lepenisation» des esprits, le populisme et le repli sur soi. De la même façon, nous ne devons plus accepter la stigmatisation d’une partie de la population française en raison de ses origines, de son appartenance religieuse, etc.

Ces binationaux [franco-algériens] sont avant tout français et la France est leur pays. Ils n’ont pas besoin de s’intégrer ou de porter un béret pour faire plaisir aux fondamentalistes de l’extrême droite.(newvoradio, 2016 )

La gauche arc-en-ciel dont vous êtes secrétaire général, est-ce un nouveau parti politique ?

Absolument pas, la gauche arc-en-ciel est le rassemblement de toutes les nuances de gauche, de toutes celles et ceux qui là où ils se trouvent, dans la forme qui est la leur, une association, un club, une maison de la culture, une fédération, un syndicat, un mouvement, un groupe engagé, un parti, créent et inventent des idées, afin de remettre la société en mouvement, pour que le monde progresse, en harmonie et en respect des valeurs humanistes. […]

Quelle est votre approche sur les questions qui clivent la société et la classe françaises, pour ne citer que l’immigration, le radicalisme, l’égalité des chances, les banlieues, la diversité, le vivre-ensemble, questions sur lesquelles les socialistes ne sont pas très audibles et qui étaient au cœur de leurs valeurs républicaines ?

Luc Carvounas, comme moi, sommes issus de l’immigration, de la classe ouvrière et avons grandi dans un quartier populaire. Notre vécu, comme celui de nombreux militants de notre mouvement, éprouve une sensibilité singulière liée à notre histoire et à notre parcours.

La gauche arc-en-ciel c’est également la diversité des visages qui font la France du XXIe siècle. La gauche arc-en-ciel veut justement changer de paradigme sur ces questions de société,comme elle l’a fait à Marseille lors de sa création, en consacrant les deux premières tables rondes aux territoires et à la question des migrants avec France terre d’asile, Médecins sans frontières et Médecins du monde, pour comprendre et faire prendre conscience du contexte et de ces enjeux. Oui, il faut le reconnaître humblement, nous n’avons jamais mis en place de véritables politiques d’accueil depuis 30 ans. […]

Sur les questions de citoyenneté, assumons clairement que la France a besoin de tous ses enfants, sans distinction aucune, pour se construire. Et aussi, nous devons ne pas oublier le rôle des diasporas pour construire des passerelles entre les rives. Nous proposons de faire de la Méditerranée un espace de partage et d’échange pour initier une grande rencontre entre le Nord et le Sud, avec les personnes politiques, mais aussi les syndicats, les ONG, les associations, pour débattre de la sécurité, des migrants, de la coopération multilatérale. […]

El Watan

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