Brexit: face à la rébellion, les options qui s’offrent à Theresa May

Jeudi noir pour Theresa May. Une journée marquée par la démission de quatre ministres britanniques dont celui du Brexit. Le journal Times a même qualifié cette impasse politique de « film d’horreur ». Mais, malgré ce chaos, la Première ministre s’accroche à son poste et fait vœu d’aller jusqu’au bout pour imposer son accord de Brexit. Celle-là qui est désormais sous la menace d’une motion de défiance au sein de son parti, ne dispose pas de beaucoup d’options pour sauver son avenir et son projet d’accord sur le Brexit. Un autre média international dit s’attendre à une nouvelle journée de démissions au sein de son gouvernement qui pourrait rendre la position de la dirigeante intenable. 

A en croire Le Figaro, la première ministre ne dispose pas de beaucoup d’options pour sauver son avenir et son projet d’accord sur le Brexit. Les explications avec le journal français dans l’encadré ci-dessous

• Theresa May reste à l’offensive

La première ministre fait face à un nouveau «complot» au sein du Parti conservateur pour la renverser. Si les tories arrivent à rassembler au moins 48 députés de leur parti (soit moins de 15% de leur groupe au Parlement), Theresa May devra affronter un vote de confiance. Plusieurs députés conservateurs affirment que le compte est presque bon. Si une majorité des 315 députés du parti votent la défiance, elle sera renversée. Si le complot échoue, un tel vote ne pourra être organisé à nouveau avant un an.

Par la voix de son porte-parole, Theresa May a déjà fait savoir qu’elle se battrait jusqu’au bout. Une victoire renforcerait sa position et lui permettrait de faire avancer son projet d’accord de sortie de l’Union européenne à la date prévue du 29 mars 2019.

Mais si elle est renversée, un nouveau dirigeant sera choisi parmi deux candidats sélectionnés par les députés du parti, ce qui prendrait des semaines, voire des mois. Cela bousculerait l’agenda du Brexit sans compter qu’un nouveau premier ministre pourrait vouloir rouvrir les négociations du Brexit avec Bruxelles.

• L’accord est adopté, Theresa May triomphe

Si la première ministre survit à une éventuelle motion de défiance, elle pourra présenter le projet de Brexit au Parlement. Les députés doivent commencer à étudier le projet d’accord de divorce début décembre, une fois que les dirigeants européens l’auront approuvé lors d’un sommet spécial le 25 novembre.

Pour être adopté, l’accord doit être approuvé par la majorité des 650 députés. Les Conservateurs détiennent 315 sièges ; May aura donc besoin du soutien des 10 députés du petit parti unioniste irlandais DUP, mais sans doute aussi d’un certain nombre des 257 députés du Parti travailliste pour pallier les défections prévisibles dans son propre parti.

Un scénario encore plausible. En effet, la première ministre a déjà surmonté avec une remarquable ténacité plusieurs crises politiques depuis son arrivée au pouvoir après le référendum de juin 2016 ayant décidé le Brexit.

• L’accord est rejeté, May désavouée

Si le Parlement rejette l’accord, deux scénarios sont possibles: soit les députés demandent à Theresa May de renégocier l’accord avec l’UE, une hypothèse que l’on refuse d’envisager côté européen mais qui n’est pas à exclure, selon une source européenne ; soit l’opposition travailliste dépose une motion de défiance contre le gouvernement et déclenche des élections anticipées.

Concernant cette dernière hypothèse, il s’agirait des deuxièmes élections anticipées en deux ans, puisque Theresa May avait cru judicieux d’en organiser en juin 2017 pour renforcer sa main, perdant ainsi sa majorité absolue.

Dernière option: deux tiers des députés votent pour de nouvelles élections, sans intervention du Labour.

• L’hypothèse d’un «hard Brexit»

En cas de rejet du projet par le Parlement, ou de nomination d’un successeur à May qui refuse de discuter avec l’Union européenne, le Brexit se fera sans accord.

C’est le scénario catastrophe pour les milieux économiques et financiers britanniques. La rupture brutale, même si le gouvernement s’y est préparé, pourrait provoquer des embouteillages monstrueux aux abords des ports reliant au continent, priver les citoyens européens de leur statut privilégié ou clouer potentiellement les avions au sol.

Des négociations de dernière minute pourraient limiter le chaos sur des domaines précis, mais dans l’ensemble, ce sont les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui prévaudraient.

• L’hypothèse d’un second référendum

L’idée ne cesse de gagner du terrain mais Theresa May l’exclut catégoriquement. Une telle consultation verrait les Britanniques se prononcer sur le contenu de l’accord obtenu par Theresa May, voire poserait la question d’une annulation du Brexit.

Mais l’arithmétique parlementaire et le temps limité représentent des obstacles de taille. Il faudrait qu’une majorité de députés soient d’accord. Or les conservateurs n’y sont dans l’ensemble pas favorables. Et l’idée ne fait pas non plus l’unanimité chez les travaillistes.

Et il faudrait au moins cinq mois pour organiser une telle consultation, ce qui voudrait dire un report de la date de sortie, à condition que l’UE soit d’accord.

 

 

 

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