Angelo Bote: le succès par la cordonnerie

Engelo Bote veut briser les codes. Ce jeune cordonnier veut à tout prix valoriser son métier en l’élevant à un niveau supérieur. Ce métier, sous nos cieux, est généralement pratiqué par des personnes qui ont rétamé à l’école, et qui n’ont eu d’autres choix que de se livrer au plus grand des hasards au rabibochage de sandales.

Chausseur ou cordonnier de luxe, pour lui, la cordonnerie est un excellent moyen de devenir ce qu’il a toujours voulu être : inspirateur de sa génération. A 36 ans, il détient une boutique de vente de chaussures de ‘’luxe’’, qu’il prend soin de confectionner lui-même dans son atelier.

Les fabricateurs de chaussures, il en existe plusieurs, mais Engelo Bote veut un meilleur parcours. Il ambitionne de lancer une marque de chaussures de luxe made in Côte d’Ivoire.

Cordonnier, un rêve d’enfant

Engelo Bote depuis sa tendre enfance à Yopougon (la plus grande commune de Côte d’Ivoire), rêvait déjà de ce métier. «A chaque fois que mon père me demandait ce que je voulais faire plus tard comme profession, je lui répondais que je voulais devenir cordonnier. C’est le premier métier qui m’est venu à l’esprit sans même que je ne sache ce que c’est», confie-t-il.

Après son BTS à l’École Supérieur de Commerce et de Gestion des Entreprise (ESCGE) il décide de passer à l’étape supérieur. Passé aussi par l’Institut National Supérieur des Arts et de l’Action Culturelle d’Abidjan (INSAAC) où il rêvait d’une carrière musicale, c’est bien dans son domaine de cœur qu’il va se trouver sa voie.

«J’ai traversé une situation vraiment pénible. J’étais tellement fauché que je n’arrivais plus à payer mon loyer de 25.000 FCFA. Je vivais à Yopougon et mon propriétaire, exacerbé par mon incapacité à m’acquitter de mes devoirs, m’a jeté dehors.»

Tout part d’une visite qu’Engelo rend à un vieil ami. Il constate que celui-ci vient de recevoir des chaussures venues des États-Unis. Il convainc cet ami d’acheter deux ballerines à crédit. Engelo ne compte pas les utiliser, mais les vendre sur internet. Très vite, il comprend que les réseaux sociaux sont un excellent moyen d’évacuer sa marchandise. Les ballerines sont vendues et Engelo s’en sort avec 200% de bénéfice.

Le business commence par prendre et il décide de recommencer et cette fois-ci, il se dirige vers un ami cordonnier avec qui il achète des chaussures, qu’il se donne le plaisir de revendre ensuite sur Facebook. Tout se passe pour le mieux du monde. il se rend compte qu’il serait plus profitable que lui-même confectionne les chaussures.

Engelo BOTE décide de tout laisser tomber et d’apprendre assidûment le métier de cordonnier, «Je vais apprendre la cordonnerie pendant deux ans auprès d’un ami et je vais ensuite réussir à me mettre à mon propre compte.»

Dans son atelier il travaille à offrir des modèles de chaussures inédites. Il séduit de nombreux amateurs de chaussures qui n’hésitent pas à lui passer des commandes. Aujourd’hui, c’est avec fierté qu’il voit son travail « J’évolue désormais à un niveau assez professionnel. Avec mon équipe, je confectionne des chaussures de luxe, sur mesure, avec principalement des matières de choix et made in Côte d’Ivoire…Aujourd’hui, je suis en train de construire un empire avec la cordonnerie, s’il vous plaît qu’est-ce que c’est qu’un sot-métier ? Je ne mendie plus ma pitance. La cordonnerie me rend encore plus fier que jamais. Tous les employés avec lesquels je travaille ici nourrissent convenablement leurs familles à partir des revenus qu’ils perçoivent ici»

Il travaille petit à petit à moderniser et professionnaliser sa cordonnerie d’un point de vue administratif et technique. Ses rêves, atteindre une production mensuelle de 1 500 chaussures, engager au moins 20 salariés vivants de leur métier de bottier et ouvrir des boutiques de vente dans toutes les grandes capitales Africaines.

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