Crise au Togo: les évêques, la société civile, la Cedeao, Mme Toungara…par où la sortie ?

Plus l’on s’approche de la date fatidique du 20 décembre, plus les voix s’élèvent pour appeler le gouvernement à l’arrêt du processus électoral en cours. A l’appel de la C14, les rues de Lomé ont compté plus de 500.000 manifestants le samedi dernier. A l’intérieur du pays, la mobilisation n’était non plus pas des moindres. Au cours du même weekend, Aminata Toungara, la vice-présidente du parlement de la CEDEAO a dit haut, ce que d’autres pensent plus bas: la nécessité de reporter les élections. Les évêques ont encore récemment joué leur partition. Mais, à en croire la dernière sortie du ministre Gilbert Bawara, le gouvernement n’entend pas prendre en compte les appels de tous ces acteurs. Les législatives du 20 décembre pourraient-elles résoudre la crise sociopolitique qui ronge le Togo depuis plus d’un an? C’est la question que se posent plusieurs observateurs 

« Le Togo est un petit pays de la sous-région. S’il s’embrase, le Ghana, le Bénin et même la Côte d’ivoire prendront un coup… Vraiment, on a besoin des élections législatives en ce moment au Togo ? », a rappelé au micro de la BBC, Animata Toungara avant d’ajouter: « Il ne faut pas précipiter les élections. Moi, je pense en âme et conscience qu’il faut attendre… Je discuterai avec le président de la Commission de la CEDEAO pour attirer son attention sur la gravité de la situation togolaise ». Pour finir, la vice présidente du parlement de la CEDEAO a plaidé pour un report des élections au Togo. « Je souhaite que les chefs d’État puissent se retrouver et qu’ils disent au président Faure Gnassingbe de mettre balle à terre et qu’on reporte la date de ces élections. La période de mars-avril semble plus raisonnable. » a-t-elle conclu.

« L’horizon n’est pas serein… De fait, alors que se rapproche la date des élections législatives convoquées par le gouvernement, la tension ne cesse de monter et nous redoutons le pire si rien n’est fait à temps pour désamorcer la situation et apaiser le climat… Ce dont le Togo a fondamentalement besoin, c’est un changement profond dans la manière de gouverner et de faire la politique car, quel que soit celui qui sera à la tête de notre nation, si le système ne change pas, les problèmes, à coup sûr, ne connaitront pas de répit… Il faut absolument opérer les réformes », disent les évêques du Togo.

Alors que la population retient son souffle dans l’espoir que le gouvernement cède à son aspiration, la sortie du ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative, Gilbert Bawara, le 1er décembre dernier sur le plateau de New Word TV, vient enfoncer le clou, laissant tout espoir voler en éclats.

« En démocratie, il faut savoir respecter les droits et les libertés des uns et des autres notamment les droits et libertés des partis politiques à décider ou non de participer à des scrutins électoraux. (…) Nous sommes dans une République, et dans une République, ce qui est important, c’est que la loi soit respectée. Et nous en tant que gouvernement, nous ferons tout pour respecter la loi. Nous ferons prévaloir l’autorité de l’État », a-t-il affirmé.

« Mardi, la campagne commence et « le scrutin aura lieu le 20 décembre ». Je ne vois pas de raison de vous dire le contraire », martèle celui qui fait office du porte-parole du gouvernement.

« C’est la Commission de la CEDEAO qui exécute généralement les recommandations de la Conférence des chefs d’État et de Gouvernement, qui a décidé à titre d’appui technique et d’accompagnement du gouvernement et des acteurs politiques, de commettre un expert pour nous proposer un texte. Même lorsqu’un État signe une convention, le gouvernement a la latitude d’apporter des amendements avant la ratification par les députés qui gardent eux aussi leur liberté d’amendement », a-t-il expliqué sur une question relative à bocage du vote de l’avant-projet de loi de la CEDEAO à l’assemblée nationale.

« Le 22 décembre, il y aura le Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO. La Conférence appréciera le comportement et l’attitude des uns et des autres, les actes et les mesures qui ont été engagés dans le sens du respect de la mise en œuvre de la feuille de route de la CEDEAO », a-t-il conclu.

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