Brigitte Adjamagbo: « Si affrontement il y a, ce sera le régime qui sera responsable »

Ce mercredi, la coalition des 14, par les voix de sa coordinatrice, s’est de nouveau prononcée sur la crise sociopolitique togolaise. Intervenue sur les ondes de la RFI, Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson est largement revenue sur l’évaluation de l’application de la feuille de route qui crée beaucoup de frustration. Dans son intervention, Mme Adjamagbo a réitéré la détermination de la coalition à stopper par tous moyens, le processus électoral en cours avant d’inviter la CEDEAO à « réagir alors qu’il est encore temps ».

« Il est prévu que les réformes aient lieu avant les élections, mais à ce jour, les réformes n’ont pas pu avoir lieu parce que le régime n’en veut pas. Ils veulent organiser les élections de manière unilatérale et frauduleuse comme ils en ont l’habitude. Les 44 personnes en prison ne sont pas relâchées, ils en ont encore arrêté 12 », a dénoncé la coordinatrice de la C14.

Voilà la raison pour laquelle la coalition a décidé non seulement de boycotter le processus électoral en cours, mais aussi de l’arrêter par quelque moyen que ce soit.

Elle juge anormale que le scrutin tienne sans la participation du regroupement, le pourquoi elle exige une reprise totale du processus de façon consensuelle afin d’éviter une dé-génération de la situation.

L’opposition a par ailleurs réitéré la nécessité d’avant mettre en œuvre les réformes et d’ensuite organiser les élections législatives avec une Commission électorale nationale indépendante (CENI) composée de façon paritaire et présidée par un étranger, telle le préconise la feuille de route de la CEDEAO.

« Nous avons affaire un régime qui fait tout à l’envers. En réalité, les togolais n’ont pas demandé des élections. Ils ont demandé des réformes pour parvenir à l’alternance. La CEDEAO, qui est intervenue comme médiateur, nous a proposé comme solution, à la fois les réformes puis des élections législatives. Il est prévu que les réformes aient lieu avant les élections. Mais à ce jour, les réformes n’ont pas pu avoir lieu parce que le régime n’en veut pas », a expliqué Mme Adjamagbo-Johnson.

Alors que la « journée Togo Mort » du mardi a été relativement suivie, la C14 a jugée nécessaire de mener des actions beaucoup plus énergiques pour se faire entendre.

«  Nous sommes dans la logique de tout faire pour que ces élections soient arrêtées et qu’ensemble, nous préparions des élections consensuelles, démocratiques et transparentes comme le recommande la feuille de route de la CEDEAO. Nous utiliserons les moyens en notre possession pour faire en sorte que cette campagne n’ait pas lieu et que le processus électoral soit stoppé… Si affrontement il y a, ce sera le régime qui sera responsable », a-t-elle martelé.

Toutefois, elle appelle la CEDEAO à prendre ses responsabilité face à une situation qui risque de se dégénérer.

A cet effet, elle ajoute: « nous savons qu’ils ont un agenda chargé mais nous sommes convaincus qu’ils prendront leurs responsabilités et qu’ils interviendront avant que la situation ne dégénère… Nous restons dans la même logique qu’au début du processus de médiation, pourvu qu’on intervienne à temps pour faire en sorte que le Togo ne bascule pas dans le chaos », lance elle à l’endroit de l’institution chargée de la médiation.

A rappeler qu’hier, les églises méthodistes et presbytériennes ont joint leur voix à ceux des évêques du Togo, de la société civile togolaise, de Aminata Toungara, et ben d’autres acteurs pour inviter le gouvernement à reporter la date du scrutin pour préserver la paix tant menacée au Togo.

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