Restitution du patrimoine: le Sénégal reçoit sa première oeuvre

Depuis quelques semaines, le sujet fait parler. Certains pays africains dont le Sénégal réclament la restitution de leurs œuvres qui ont été enlevés par les anciens colonisateurs ou des collectionneurs. Dans la foulé, le pays de Macky Sall vient de se voir restituer sa première œuvre.

Il s’agit du masque-heaume Mende. Originaire de Sierra Leone l’œuvre a pu retrouver sa place à Dakar, au sein du musée Théodore Monod d’art africain, grâce au combat d’un homme, Didier Claes. Le belgo-congolais a été la pièce maîtresse de ce geste retentissant.

Le masque-heaume Mende est arrivé en France en 1987 dans les bagages d’un collectionneur français de retour de la capitale sénégalaise. A partir de 1997 et pendant dix ans, ses 35 centimètres de bois brun ont trôné sur une étagère, dans le salon d’un collectionneur en Aquitaine, avant de cheminer jusqu’à Bruxelles, dans le bureau du galeriste belgo-congolais Didier Claes.

C’est un masque rituel, porté par les femmes lors de cérémonies initiatives. Le 5 décembre dernier, il a retrouvé la collection nationale du musée Théodore Monod d’art africain, affecté à l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN). C’est au même lieu où il était exposé dans les années 1970 avant d’être vendu dans des circonstances que l’on ignore encore.

Une date d’autant plus symbolique, à la veille de l’inauguration du Musée des civilisations noires (MCN). Ce retour, l’IFAN le doit au travail d’investigation et à la détermination de Didier Claes, propriétaire d’une galerie d’art africain à Bruxelles, en Belgique.

Il y a six ans environ, il est à la recherche de pièces pour une exposition du musée d’Aquitaine, dont il est le commissaire. La quête le mène dans le salon d’un collectionneur bordelais. Il s’intéresse notamment à une pièce en bois, un masque, originaire de la tradition Mende, passé de collectionneur français en collectionneur français.

Lui-même en discussion avec les musées de Kinshasa, ou d’Angola, le collectionneur croit dur comme fer que sa démarche fera tâche d’huile. Déjà, il estime avoir été contacté par un collectionneur belge qui a eu vent de son geste, et qui voudrait négocier le retour de deux masques sur le continent africain.

« D’autres se manifesteront, prophétise-t-il. Aujourd’hui, les outils du web facilitent l’identification de ces objets partout dans le monde. Il appartient aux musées nationaux africains de communiquer amplement sur les pièces qui ont un jour composé leurs collections, car beaucoup de collectionneurs n’ont pas conscience de l’origine et du parcours de ce qu’ils ont chez eux » ajoute-il. 

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