Afrique: quitter le pouvoir sans le perdre, la recette « Kabila » qui inspire d’autres présidents

Lourde défaite pour le pouvoir de Kinshasa. A défaut d’un 3è mandat, Joseph Kabila redevient à priori un citoyen ordinaire. Son dauphin désigné, n’arrive qu’en 3è position pour le compte de la présidentielle du 30 décembre dernier. Un véritable coup de tonnerre. Si les résultats sont confirmés par la Cour constitutionnelle, Félix Tshisekedi deviendra à 56 ans, le 5e président de l’histoire de la RD Congo. Mais, vu les contours de la proclamation des résultats provisoires, tout laisse transparaitre que Kabila continuera par diriger le pays dans l’ombre. Un « savoir-faire » qui pourrait bien donner des idées à certains de ses pairs sur le continent qui usent de subterfuges constitutionnels pour se maintenir au pouvoir.

Face à l’agitation consécutive aux résultats communiqués jeudi par la Ceni, lesquels jugés non conformes à la vérité des urnes, par une frange de l’opposition, les premières impressions de Félix Tshisekedi, qui s’apparentent à une main tendue, viennent noyer tous les espoirs des Congolais qui avaient cru à l’alternance.

« Il est évident que Joseph Kabila pourra vivre tranquillement dans son pays, vaquer à ses occupations, il n’a rien à craindre. Un jour, nous devrons même songer à lui rendre hommage pour avoir accepté de se retirer. Pourquoi, compte tenu de son expérience, ne pas lui confier des tâches diplomatiques spéciales, faire de lui un ambassadeur extraordinaire du Congo ? », a-t-il affirmé.

Des propos qui renforcent des doutes sur un éventuel « deal » sur le partage du pouvoir en RDC: la présidence à Félix Tshisekedi, l’Assemblée nationale à Joseph Kabila.

A en croire nos confrères de Congo Libéré, le véritable enjeu porte sur le contrôle de l’Assemblée nationale. Eh oui, comme le souligne si bien le journal en ligne, C’est là que se trouvent les principaux leviers du pouvoir dans le système institutionnel congolais.

Aujourd’hui, indique la même source, beaucoup supputent qu’au terme de l’arrangement particulier entre Félix Tshisekedi, déclaré vainqueur de la présidentielle par la CENI, et Joseph Kabila, le parlement continuera d’être contrôlé par la majorité actuelle. 

« En réalité, en RDC, le président n’a aucun pouvoir à partir du moment où il ne contrôle pas le parlement. C’est la majorité parlementaires et le premier ministre qui en est issu qui comptent dans le système congolais. Or, cette majorité ne changera pas de main. C’est pourquoi, même si Félix Thsisekedi est proclamé président, à partir du moment où il n’aura pas la majorité parlementaire, que tous les gouverneurs de province ne sont pas de son bord, et qu’il ne contrôle pas l’armée, comme c’est le cas du président actuel, il n’a aucun pouvoir. Il ne peut même pas nommer un haut-fonctionnaire car les décrets doivent être contre-signés par le premier ministre. Il est juste bon à inaugurer les chrysanthèmes. Souvenez-vous des difficultés de Joseph Kasavubu président face au premier ministre, le très remuant Patrice Lumumba. Et bien là, ce serait pareil », a confié à Congo Libéré, une source haut-placée au sein de la majorité.

Même tonalité chez un haut cadre du MLC, le parti de Jean-Pierre Bemba: « L’annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle ne sont qu’un écran de fumée destiné à masquer l’essentiel : le fait que Kabila n’est pas prêt à lâcher les rênes du pays ».

Finalement, l’on est en train d’assister au scénario Poutine-Medvedev. Mais ce qui surprend plus d’un, il en sur le point d’être concrétisé avec le soutien du fils aîné de Etienne Thsisekedi, qui fut pourtant l’adversaire le plus acharné des Kabila (père et fils).

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