Togo: deux ans après la fermeture de LCF, que devient le personnel? Luc Abaki se lâche !

6 février 2017 – 6 février 2019 ! Deux ans déjà que l’avenir des quelques jeunes journalistes et animateurs s’est vu sombré par la décision d’un seul homme: le feu Pitang Tchalla, alors ministre de la Communication. Passionnés et amoureux de leur travail, qu’ils faisaient d’ailleurs avec professionnalisme, les ex-employés du groupe Sud Média que formait la télévision LCF et la radio City Fm, ont vu leur rêve volés en éclats en un court instant. 

« Ce 06 février vers 15h, un seul homme décida de sceller le destin de plus de 80 autres. Ces 80 qui vivaient déjà difficilement, car ce que vous ne savez pas c’est qu’à LCF il y a en avait beaucoup qui n’étaient pas payés, beaucoup qui gagnaient seulement 30.000, 40.000, 50.000…Ceux qui étaient au-delà de 100.000f n’étaient pas plus de 4 à ma connaissance. Oui c’est la réalité ignorée, mais ces hommes et femmes faisaient leur boulot avec une telle passion et un tel amour que leurs conditions de vie et de travail n’étaient pas connues. Ils étaient jeunes mais ont réussi à faire de cette télé la meilleure de la place », avait déclaré Samuel Gnanhoui, un ancien employé du groupe Sud Média.

Deux ans après cette décision qui a plongé les employés dans une amertume sans précédent, mais aussi les amoureux de ses ondes dans un avenir incertain, qu’est devenu le personnel?

Luc ABAKI, l’ancien DG de LCF a décidé de se prononcer à travers un message qui fait actuellement le tour des réseaux sociaux.

J’ai été à une nouvelle école où l’on m’a appris il y’a quelques mois, à faire le vide mental, à évacuer tout ce qui est ressentiment, sentiments négatifs ou jugements d’autrui. Il semble que c’est une voie glorieuse pour prendre son destin en main et s’assumer pleinement avec un mental positif et conquérant. Je me suis alors juré de me lancer de nouveaux défis après avoir habilement vidé mon sac à dos et tout ce qu’il contenait de limitatif et de corrosif pour mon âme. Mais hier mardi 05 février, j’étais au bureau d’un ami DG de société. Dans le moelleux et luxuriant bureau, un imposant monsieur occupait l’un des fauteuils. Dès mon entrée, le DG eut la gentillesse de me présenter à son hôte. Je vous présente Monsieur Abaki, l’ancien DG de LCF. Pourtant j’étais dans ce bureau sous la bannière d’une autre structure mais le DG a plutôt senti le besoin de me présenter sous l’étiquette qui semble m’avoir donné une sorte de renommée. Et à l’hôte de s’exclamer « Ah c’est vous Luc Abaki? Vraiment enchanté, je suis ravi de faire enfin votre connaissance ». Au cours de cet échange de civilité, il me posa la question de savoir comment je me débrouillais. Et sans me laisser le temps de lui répondre il ajouta: « à te voir on sent que tout va bien, il n’y a aucun doute que tu as su te convertir dans autre chose ». J’esquissai un sourire et lui confirmai ce que je faisais désormais. Mais en même temps, cette histoire qui ne date juste que d’hier, m’a rappelé qu’aujourd’hui 06 février était la date anniversaire de la fermeture des deux chaînes de télé et de radio que Pascal Bodjona et son épouse m’avaient fait l’honneur et le privilège de me faire diriger pendant près de 3 ans. Ceci m’a poussé à jeter un rapide coup d’œil sur la vie des jeunes vaillants filles et garçons brutalement sevrés de ce métier de journalistes qu’ils exerçaient avec tant d’amour, de passion et de dextérité. Il y’a une mauvaise nouvelle qui m’a momentanément plongé dans une sorte d’amertume dont j’ai vite fait de me ressaisir. C’est bien celle de la disparition de mon frère et vaillant collaborateur Junior Amenunya, disparu le 15 mai dernier. Je veux saisir l’occasion de cet écrit pour lui rendre un hommage de taille pour sa bravoure et l’honneur qu’il a fait à LCF à travers la remarquable émission Toc-Toc qu’il a su animer avec beaucoup de tact et de professionnalisme. Que le Seigneur veuille l’accueillir dans son repos éternel. En revanche, il y a une bonne nouvelle. Cette bonne nouvelle, c’est que tous les autres collaborateurs sont en vie, en forme et se démènent vaille que vaille pour tenir le bon bout. Vous pouvez alors imaginer le regain de joie qui m’a d’emblée envahi et le confort intérieur qui m’a emballé à ce constat que 24 mois jour pour jour après le retrait des fréquence de LCF et de City FM par le feu Pitang Tchalla, à l’époque Président de la HAAC, Dieu a fait le pari de nourrir ces enfants innocents injustement réduits au chômage. L’objet de cet article est tout simplement de rendre grâce et d’exprimer toute ma reconnaissance à l’Éternel mais aussi à tous ceux qui, de près ou de loin ont compatit aux peines qu’ont subies ces jeunes du fait de l’égo de certaines personnes. Il me plait, à cette hauteur de mon écrit, de saluer leur courage et leur engagement à donner un cours nouveau à leur vie. J’ai cette inébranlable foi que s’ils ont pu tenir pendant sans fléchir devant l’adversité et l’exsangue précarité qui marquent la vie de la majorité des jeunes sans emploi au Togo, c’est clair que le Créateur qui donne vie et nourrit les oiseaux dans le ciel, les poissons dans l’eau et toutes sortes de créatures, ne va jamais les laisser sombrer dans la boue. Sa justice est sans faille et sa générosité n’a point de borne. Je leur recommande simplement courage et persévérance mais surtout foi et professionnalisme. Ah oui, la vie sourit toujours aux hommes de foi qui savent qu’ils ne sont pas venus sur terre pour jouer aux simples observateurs, mais pour êtres de vrais acteurs capables de glorifier l’Éternel par leurs œuvres. Allez-y les gars, le meilleur est tout près pour chacun d’entre vous. Je m’en voudrais bien sûr de clore cet article sans rendre hommage à Pascal Bodjona et à son épouse pour la vision qu’ils ont eue en mettant en place ces deux structures, mais aussi à tous ceux qui ont soutenu ces deux chaînes dans les moments de gloire comme dans ceux de peines! Tout est grâce !!!! Que chaque épreuve fortifie plutôt notre foi et notre rage d’aller de l’avant sans jamais renoncer à l’envie de pactiser avec la gloire et la noblesse à chaque instant de notre vie. Excellente journée. 

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