Togo: C14, du déluge au naufrage…autant s’accrocher !

FRAC, CST, CAP 2015, C14…les regroupements de partis de l’opposition se sont succédé ces quatorze dernières années sur l’échiquier politique togolais. L’ambition: obtenir un changement de régime, incarné par la famille Gnassingbé, au pouvoir depuis plus de cinq décennies. Si l’intention demeure noble, celle de traduire dans les faits, les aspirations profondes d’une frange de la population, la stratégie demeure (malheureusement) la même: la rue. Laquelle a d’ailleurs montré ses limites, dans la longue marche vers la démocratie mais aussi la quête du pouvoir et son plein exercice. 

Annoncé tambours battants par les responsables de la Coalition des 14 partis de l’opposition, peu avant les législatives du 20 décembre dernier, le « déluge » tant espéré et qui était sensé barrer la route à la tenue de ce scrutin, n’aura finalement pas eu lieu.

En revanche, l’on semble assister à un « naufrage » qui ne dit pas son nom, avec des départs en cascade au sein de la C14.

La coalition qui regroupait au départ 14 formations politiques dont le PNP de Tikpi Atchadam, pourrait être réduite à 12. L’on craint fort que ce chiffre ne dégringole dans les prochains jours. Dans la mesure où, au Togo, claquer la porte, devient très simple comme dire bonjour à son voisin.

Pour nombre d’observateurs, la Coalition qui saigne de l’intérieur et de surcroit, absente du parlement, est en train d’épuiser ses dernières cartes, noyant ainsi l’espoir des millions d’âmes, éprises de changement.

Des cartes qui auraient pu être redistribuées si Mme Brigitte Adjamagbo et ses compères avaient pris part à ces élections aux enjeux pas des moindres: les réformes.

Hélas, ils ont opté pour un boycott pur et dur, en décrétant des manifestations d’envergure, ponctuées de séries de marches quasi hebdomadaires.

« Pas de réformes pas d’élections », voilà le mot d’ordre de l’opposition réunie au sein de la C14. Les réformes tant réclamées n’étant pas opérées, fallait-il prendre part à un scrutin dont on ne connait pas l’issue ? Voilà la grosse épine logée dans le pied de cette coalition.

« La lutte que nous menons, n’est pas pour les sièges au parlement mais pour le changement », avait tout de même claironné Eric Dupuy, le secrétaire national à la communication de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), le parti de Jean Pierre Fabre, le chef de file de l’opposition.

Les militants « marcheurs », eux, ont visiblement les pieds enflés. Conséquence: le mouvement s’essouffle jour après jour. « La C14, ce n’est pas les gilets jaunes », ironise un internaute.

Alors, on décide de jouer le tout pour le tout ! Même si la coalition n’est plus en mesure de sortir le grand jeu, elle tente vaille que vaille d’assurer sa survie dans l’arène.

Au même moment, des appels se multiplient pour un renouvellement de la classe politique et des voix s’élèvent pour voir émerger de nouvelles têtes dans les rangs de l’opposition.

Les législatives, eh bien, elles ont eu lieu à la date indiquée, déjouant ainsi tous les pronostics sur un éventuel report, et au grand désarroi des contestataires du pouvoir de Faure Gnassingbé, en exercice de son 3è mandat. Un quatrième se profilant à l’horizon.

Et le résultat de ces élections de décembre, tout le monde le connait: une Assemblée nationale taxée d »illégitime » mais qui est tout de même légale et exercera tant bien que mal son contrôle de l’action gouvernementale durant les cinq prochaines années.

Même si la réalité contraste largement au Togo avec la mission assignée aux « élus du peuple ».

L’opposition sera toujours victime de ses propres turpitudes, si elle n’apprend pas de ses erreurs, analyse un web-activiste.

A suivre…

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