Le Pape et l’Imam de El Azhar à Abu Dhabi, célèbrent la tolérance

Au palais présidentiel, le 4 février, le Pape écrit un message de remerciement dans le livre d’honneur, en présence du prince Mohammed Ben Zayed Al-Nahyan (en blanc) et du cheikh Mohammed Ben Rachid Al-Maktoum, émir de Dubaï et vice-président des EAU. A la droite du Saint-Père : Mgr Mauricio Rueda Beltz, organisateur des voyages pontificaux.VATICAN MEDIA / REUTERS

Ce voyage apostolique et historique est son 27e déplacement international. La première visite d’un Souverain Pontife dans la péninsule arabique obéit à deux enjeux majeurs : le dialogue interreligieux et une exploration des périphéries du monde chrétien.

La frange catholique de cet Etat fédéral représente quelque 900 000 chrétiens, soit près de 10 % de la population.

Des milliers d’Indiens, Bangladais, Népalais, Sri-Lankais, Pakistanais et Philippins, employés de maison exerçant les tâches les plus ingrates, comme des Européens, des Libanais, des Palestiniens, des Américains travaillant, quant à eux, principalement dans les infrastructures du bâtiment et l’univers pétrolier.

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A Abu Dhabi, le Saint-Père a fait avec l’imam d’Al-Azhar une déclaration de guerre à l’intolérance et au terrorisme

Les deux hommes en blanc se sont chaleureusement salués. « Bienvenue aux Emirats arabes unis, le pays est honoré de cette visite historique », proclame le prince héritier cheikh Mohammed Ben Zayed. Le chef suprême des forces armées reçoit le Pape à l’aéroport d’Abu Dhabi. Et ses paroles ont fait la une de « The National », influent journal local. D’autres, tel le « Gulf News », ont mis Sa Sainteté en première page et lui ont consacré une bonne partie de leur quotidien.

Yoannis Lahzi Gaid

Dans ce monde musulman, que le pape François, en presque six années de pontificat, ne cesse de parcourir, lui qui s’est déjà rendu dans les territoires palestiniens, en Albanie, en Turquie, en République centrafricaine, en Azerbaïdjan, en Egypte, au Bangladesh et, aujourd’hui, dans les Emirats Arabes Unis avec qui le Saint-Siège entretient, depuis 2007, des relations diplomatiques.

Ce voyage apostolique et historique est son 27e déplacement international. La première visite d’un Souverain Pontife dans la péninsule arabique obéit à deux enjeux majeurs : le dialogue interreligieux et une exploration des périphéries du monde chrétien. La frange catholique de cet Etat fédéral représente quelque 900 000 chrétiens, soit près de 10 % de la population. Des milliers d’Indiens, Bangladais, Népalais, Sri-Lankais, Pakistanais et Philippins, employés de maison exerçant les tâches les plus ingrates, comme des Européens, des Libanais, des Palestiniens, des Américains travaillant, quant à eux, principalement dans les infrastructures du bâtiment et le secteur pétrolier.

A leur service, un vicaire apostolique, 11 prêtres diocésains chargés de 8 paroisses et 58 religieux. Contrairement à l’Arabie saoudite voisine, qui interdit strictement la pratique d’autres religions que l’islam, les Emirats, dont c’est également la religion d’Etat, tiennent à projeter des valeurs de tolérance et de diversité culturelle. Ainsi comptent-ils dans leur gouvernement un ministre de la Tolérance, cheikh Nahyan, qui a déclaré 2019 « année de la tolérance », et une ministre du Bonheur, la jeune Ohoud Al-Roumi, ovationnée lors de son arrivée à la messe.

Comme les écoliers, 130 000 fidèles ont eu droit à deux jours de vacances. Deux mille bus les ont amenés de tout le pays pour assister à la messe géante en plein air, mardi, au stade Zayed Sports City d’Abu Dhabi. C’était la dernière étape des multiples manifestations commencées dimanche, après la cérémonie de bienvenue à l’aéroport, par un déplacement du Saint-Père vers l’imposant palais présidentiel.

Le cheikh imam de la mosquée du Caire, Ahmed Al-Tayeb, l’accompagnait.

Paul KANATE, à LOME, TOGO

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