Togo : Les 6 péchés de la C14 qui ont noyé la lutte

La coalition des 14 partis de l’opposition vient de marquer un pas de sagesse. Dans le relevé des conclusions des deux jours de réflexion organisés par 9 partis du regroupement sauf le CAR, MCD, Santé du Peuple, PNP et Togo Autrement, les participants ont fait un mea-culpa. Selon les organisateurs si les 18 mois de lutte pour la démocratie au Togo n’ont pas pu donner grande chose, c’est à cause de certaines carences. Ainsi, tout est dans le relevé des conclusions à son partie du « bilan des 18 mois de lutte commune pour la démocratie au Togo », au point 1.2 « évaluation et de l’analyse des résultats constatés ».

   La C14 reconnait une confusion entre ses objectifs et ses moyens de lutte.

« La synthèse des différentes interventions sur ce point a fait apparaître que, dans l’euphorie générale née de la très forte adhésion des populations togolaises à sa plateforme revendicative, la Coalition a, par moments, confondu l’objectif (l’alternance) et les moyens (manifestations et dialogue) pour parvenir à son objectif », on-t-il écrit.

Aussi ont-ils reconnu un manque d’homogénéité. Pour eux, les discours ont manqué du sérieux.

 « Les discours, les déclarations et les attitudes n’ont pas toujours été l’illustration d’une véritable homogénéité au sein de la Coalition. Les participants ont volontiers reconnu que ce manque d’homogénéité a pu parfois conduire la Coalition à des actes ratés ou manqués », déclare Antoine Folly du UDS-Togo dans la déclaration liminaire.

Brigitte Kafui Adjamagbo ont admis que « la décision de suspendre les manifestations de rue à la demande des Facilitateurs a été préjudiciable à la mobilisation populaire nécessaire au maintien de la pression sur le régime. Après la suspension, la Coalition n’a plus jamais été en mesure de se donner les moyens de reprendre les manifestations avec la même ampleur ».

Selon les 9 partis, « le parcours de la Coalition a également été marqué par un déficit de cohésion, de confiance et de solidarité avec comme conséquences, des actes parfois désordonnés, des prises de position individuelles non conformes aux positions d’ensemble adoptées au sein de la Coalition, des annonces d’activités qui se sont soldées par des reports ».

Le manque de sensibilisation et d’informations a milité en défaveur de groupe.

« Les participants ont également reconnu que, l’absence ou le mauvais fonctionnement des structures locales fédérées de la Coalition à l’intérieur du pays ont été préjudiciables au travail d’information, d’explication et de pédagogie nécessaire à une forte mobilisation des populations.», avoue le document.

Les participants ont relevé « l’insuffisance des actions de convergence en direction de la société civile et des diasporas pour opérer le saut qualitatif qui aurait donné un caractère plus citoyen à la mobilisation populaire ».

Faut-il le souligner, à part ces carences reconnues, la coalition des 14 estime que la mobilisation populaire n’a pas eu la même ampleur dans toutes les zones du pays. Pour eux, dans certaines zones, les actes de répression systématiques perpétrés par les forces de défense et de sécurité au service du régime ont souvent contraint les populations à des réflexes sécuritaires légitimes qui ont pu dissuader certains Togolais désireux de sortir dans la rue.

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