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Afrique: club des présidents les plus ‘gourmands’

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Ils ont goûté aux délices du palais. Et difficile de lâcher le morceau. Nombre de dirigeants africains tentent vaille que vaille d’obtenir une rallonge. Dans le lot, certains ont réussi à sauter le verrou de la limite constitutionnelle sur leur mandat. Et d’autres à l’instar d’Alpha Condé de la Guinée, qui défraye la chronique depuis plusieurs semaines, a même proposé l’écriture d’une nouvelle constitution, s’il lui est impossible de toucher à ne fusse qu’une virgule de l’actuelle. Avec l’unique volonté de s’éterniser au pouvoir.

Revue non exhaustive des présidents africains qui contestent la limitation de leur mandat, avec nos confères d’Actu Cameroun.

Alpha Condé de Guinée

Le deuxième et dernier mandat de cinq ans de Condé expire en 2020, mais le leader de 81 ans a refusé d’exclure la possibilité de se représenter. En septembre, il a demandé à son gouvernement d’examiner la possibilité de rédiger une nouvelle constitution, craignant qu’il ne l’utilise comme bouton de réinitialisation de sa présidence et de se présenter à nouveau. Conde a été élu pour la première fois en 2010.

Le Burundais Pierre Nkurunziza

Pierre Nkurunziza

Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, a annoncé en 2015 qu’il se présenterait pour un troisième mandat dans ce que ses opposants considéraient comme une violation de la Constitution qui ne permettait aux dirigeants de gouverner que pendant deux mandats. Depuis sa réélection, des centaines de Burundais ont été tués dans des affrontements avec les forces de sécurité et un demi-million ont fui à l’étranger.

Un référendum tenu en mai 2018 a approuvé à une écrasante majorité les changements qui ont porté la durée du mandat présidentiel à sept ans. En vertu de la nouvelle constitution, Nkurunziza est désormais en mesure de remplir deux autres mandats, prolongeant potentiellement son règne jusqu’en 2034. L’opposition a rejeté les résultats et les États-Unis ont déclaré que le processus avait été entaché par l’intimidation des électeurs.

Le camerounais Paul Biya

Biya, 86 ans, le plus ancien dirigeant de l’Afrique subsaharienne, a pris la présidence en 1982. L’Assemblée nationale a adopté un projet de loi constitutionnel en avril 2008, supprimant la limite de deux mandats présidentiels pour lui permettre de prolonger son mandat au-delà de 2011. Depuis, il a remporté deux élections que les candidats de l’opposition ont qualifiées de frauduleuses.

Idriss Deby du Tchad

Idriss Deby

Deby gouverne le Tchad depuis son arrivée au pouvoir après un coup d’Etat en 1990. Un référendum de 2005 a supprimé la limite de deux mandats de la Constitution. Le Parlement a approuvé une nouvelle constitution en 2018, réimposant la limite de deux mandats, mais elle ne sera pas appliquée rétroactivement, ce qui signifie que Deby pourrait servir deux mandats après les prochaines élections en 2021, et éventuellement jusqu’en 2033.

Azali Assoumani des Comores

Azali Assoumani

Le président, un ancien officier militaire qui a pris le pouvoir pour la première fois lors d’un coup d’État en 1999, a remporté un référendum en 2018 pour prolonger la durée du mandat et mettre fin à un système de rotation du pouvoir entre les trois principales îles de l’archipel au large de la côte est de l’Afrique. Le vote lui a permis de se présenter pour deux autres mandats de cinq ans. L’opposition a qualifié le référendum d’illégal.

Denis Sassou Nguesso (République du Congo)

La constitution de la République du Congo a été modifiée par référendum en 2015, levant les limites d’âge et de mandat qui auraient empêché Nguesso de se représenter. Il a remporté un nouveau mandat de cinq ans lors des élections de 2016, bien que l’opposition ait rejeté le résultat, alléguant une fraude. Il a gouverné pendant toutes les années sauf cinq depuis 1979.

Ismail Omar Guelleh de Djibouti

Ismail Omar Guelleh

Le législateur djiboutien a approuvé en 2010 un amendement constitutionnel qui a ouvert la voie à la candidature de Guelleh, au pouvoir depuis 1999, pour un troisième mandat. Il a remporté deux élections subséquentes.

Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire)

Alassane Ouattara

Ouattara, au pouvoir depuis 2010, a affirmé que l’adoption d’une nouvelle constitution en 2016 lui permettrait de se présenter pour un troisième mandat dans la course présidentielle de 2020 car une nouvelle constitution signifierait que les deux premiers mandats ne comptaient pas. Il n’a pas encore dit s’il se portera candidat à la réélection.

Le Rwandais Paul Kagame

Paul Kagame

En 2015, les Rwandais ont voté en faveur de la prorogation de la limite de deux mandats prévue par la Constitution. En vertu de ces changements, Kagame pourrait solliciter un nouveau mandat de sept ans et deux mandats de cinq ans par la suite, et rester au pouvoir jusqu’en 2034.

Kagame, qui a remporté un troisième mandat en 2017, a été de plus en plus critiqué pour ce que les groupes de défense des droits humains qualifient de violations généralisées, de musellement des médias indépendants et de répression de l’opposition politique. Il nie avoir commis des actes répréhensibles. Il est arrivé au pouvoir pour la première fois en 2000.

Le Togolais Faure Gnassingbé

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Le Togo a modifié sa constitution en 2019 pour plafonner le mandat présidentiel à deux mandats de cinq ans, ostensiblement en réponse aux appels de l’opposition à la fin d’une dynastie politique qui a commencé lorsque le père de Gnassingbé a pris le pouvoir lors d’un coup d’Etat en 1967.

Cependant, il ne tient pas compte des trois mandats que Gnassingbé a déjà exercés depuis son arrivée au pouvoir en 2005, dont le dernier se termine en 2020. Gnassingbé pourrait donc rester au pouvoir jusqu’en 2030.

Yoweri Museveni de l’Ouganda

Yoweri Museveni

Museveni dirige l’Ouganda depuis 1986. Une clause de limitation du mandat qui l’aurait empêché de se représenter a été supprimée de la Constitution en 2005.

En 2017, le législateur a voté la suppression d’une limite constitutionnelle de l’âge des candidats à la présidence, ouvrant ainsi la voie à la réélection de Museveni, 75 ans, en 2021.

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