Alpha Condé: « nous n’avons pas appelé à des élections au Togo »

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La nouvelle sortie du président Guinéen Alpha Condé devrait désormais faire taire les polémiques au Togo. Depuis le  communiqué final ayant sanctionné les récents travaux du dialogue politique togolais, les interprétations divergeaient sur le sens à donner à son contenu. Les facilitateurs ont-ils demandé au gouvernement togolais d’organiser les élections avant fin novembre ?

« Les deux présidents se félicitent de l’accord entre les parties pour la poursuite des activités du parlement conformément à la Constitution au-delà de l’échéance prévue. Durant cette période, les préparatifs des élections restent suspendus, étant entendu qu’il est souhaitable que ces élections se tiennent avant fin novembre 2018 », avait indiqué le communiqué des facilitateurs. Quel sens donner ?

Le président guinéen qui fait partie de la médiation est revenu sur la question en marge du sommet de l’Union africaine à Nouakchott (Mauritanie). Alpha Conde a reprécisé le fond du communiqué.

“Nous n’avons pas appelé à des élections au Togo. Le problème qui se pose, c’est que l’opposition reproche au gouvernement de préparer des élections sans consensus. […] Nous avons demandé que le parlement actuel reste en place jusqu’à l’élection d’un nouveau parlement et que le gouvernement arrête la préparation des élections. Évidemment, il serait irresponsable de notre part de ne pas donner une date indicative. Nous avons seulement donné une date indicative. Nous n’avons pas appelé à des élections”, a déclaré Alpha Condé dans un entretien sur France 24.

A propos de l’issue de la crise,  le facilitateur guinéen a indiqué qu’il y a quelques acquis même si les positions restent très tranchées.  “Il y a eu quelques pas, ceux qui ont été arrêtés dans le cadre des manifestations ont été libérés. Le gouvernement a accepté que l’opposition puisse reprendre ses manifestations en accord avec les forces de sécurité pour que cela n’aboutisse pas à des morts ou à des destructions des biens publics. Au début, après ma rencontre avec les opposants, on a même libéré des imams alors qu’on les accusait de djihadisme. On ne peut pas dire qu’il n’y a pas eu de progrès mais nous sommes loin de la solution. Les positions du pouvoir et du gouvernement sont très éloignées. Mais nous ne désespérons pas. Nous pensons que progressivement nous arriverons à les amener au consensus. Déjà, il y a deux acquis fondamentaux : les élections à deux tours et la limitation des mandats à deux“, a-t-il expliqué.

Le pouvoir actuel chercherait-il alors à s’accrocher au pouvoir par tous les moyens et surtout en manipulant la constitution? À cette question le président Condé répond: “nous faisons confiance au président Faure tout comme nous faisons confiance à l’opposition. Je dis clairement que nous ne sommes pas un syndicat de chefs d’État qui se soutiennent entre eux, mais nous ne sommes pas non plus des pyromanes. Ce qui importe pour nous, c’est qu’on tienne compte de la volonté du peuple togolais et qu’il y ait un gouvernement qui l’accepte et qui représente ses intérêts et que le pays se développe.”

“Nous ne soutenons ni le président Faure ni l’opposition. J’ai déjà dit au niveau de l’Union européenne qu’au niveau de l’Union africaine, nous ne sommes pas un syndicat de chefs d’État. Nous devons respecter les droits de l’homme et nous devons appliquer la démocratie tel que nous le voyons nous-mêmes, pas comme on nous l’impose. Nous connaissons les règles universelles de la démocratie mais c’est notre responsabilité. Mais nous ne sommes pas complices, nous nous défendons pas les uns les autres”, a conclu Alpha Condé.

Des propos qui auront le mérite de faire arrêter la guerre d’interprétation qui allait bon train entre les différentes parties prenantes au dialogue.