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« Amchilini », une pratique pour marier les célibataires de nouveau d’actualité au Tchad

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Pratique du jargon tchadien qui consiste à proposer le mariage à une personne, « Amchilini » est au cœur des débats publics depuis quelques jours dans certaines localités au Tchad. La Ligue tchadienne des droits de la femme a lancé le hashtag #StopAmchilini pour dénoncer cette pratique jugée illégale, car elle viole une loi nationale garantissant la liberté de consentement au mariage.

Les autorités traditionnelles et religieuses de Mangalmé ont décidé d’adopter la pratique “Amchilini” dans leur localité vu le nombre de plus en plus croissant de célibataires. Cette décision a été prise en assemblée générale le 20 juillet 2022 sous l’égide du président du Conseil des affaires islamiques concernant les mariages tardifs des jeunes filles de la localité.

Selon les règles d’Amchilini, une femme qui refuse une demande en mariage devra payer une amende et de même, un homme à qui une opportunité d’union maritale a été proposée et qui le rejette sera pénalisé.

« C’est une pression psychologique en ce sens que, lorsque la personne n’aura pas les moyens, elle sera obligée d’accepter. Il faut qu’on comprenne qu’aucun mariage n’est accepté dans l’islam lorsque la fille n’est pas consentante », précise Falmata Issa Mahamat Maina, Chargée de communication de la Ligue tchadienne des droits des femmes, citée par une presse locale.

Pour le vice-président du Conseil supérieur des affaires islamiques, Cheikh Abdeldayim Abdallah, le « Amchilini » est une pratique qui n’a rien à voir avec la religion musulmane.

La Ligue tchadienne des droits des femmes (LTDF) s’indigne du fait que la femme reste encore un instrument de manipulation dans certains lieux et affirme que « c’est purement un mariage forcé. Ces textes ne peuvent pas entrer en vigueur car cela voudrait tout simplement dire qu’ils défient les textes de loi. Les chefs coutumiers et religieux ne doivent pas abuser de leurs autorités ».




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