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Cameroun : les populations du Grand Nord désavouent le fils aîné de Paul Biya

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Parti dans la région du Septentrion dans le but de se faire adouber pour ses intentions d’accéder au pouvoir, Franck Emmanuel Biya a vu plusieurs fils du Grand-Nord.

En visite dans la région du Nord les 5 et 6 novembre 2022, Franck Emmanuel Biya, le fils aîné de Paul Biya a eu droit à un accueil exceptionnel qui a malheureusement été un revers pour lui sur le plan politique. Pourtant plusieurs medias ont annoncé que la visite de Franck Biya a été un succès total. Mais à y regarder de près, cette dernière a plutôt ramené sur la table de débat, le sujet sur les intentions réelles de ce fils de président et obligé certains  acteurs politique du Grand Nord, une région reconnue pour sa forte démographie et surtout son potentiel, à se prononcer sur la question de la succession.

C’est d’abord Aboubakary Abdoulaye, le fils du  tout-puissant lamido de Rey-Bouba, premier vice-président du Sénat et responsable pour la région du Nord du parti au pouvoir, le Rdpc, qui a pris la parole. « Le lamido a compris qu’il était dans le viseur de sa communauté comme celui qui tentait de faire entrer le loup dans la bergerie et pour se dédouaner, a expliqué publiquement pourquoi Franck Biya lui avait rendu visite ; laquelle avait trait au décès de sa mère. Il a donc déclaré à Garoua, le 6 novembre, que « je sais que les gens vont voir en cela un agenda caché mais il n’en était rien », explique SouleymanouDalil, jeune homme d’affaires et militant du Mayo-Louti. Aboubakary Abdoulaye a bien pris soin de s’exprimer dans le dialecte local le plus parlé : le fufulde ; prenant ainsi date avec l’histoire. « La pression était trop forte et il a pris la plus sage décision en clarifiant le jeu et les enjeux de la visite de Franck Biya, autrement, cette étiquette l’aurait marqué. Dans la situation actuelle où les Nordistes savaient effectivement qu’un de leurs pourrait revenir au pouvoir, ne pas jouer la carte communautaire est un gros risque politique et il a compris », poursuit Gabriel Haman, enseignant à Garoua.

Le plus grand désaveu d’Emmanuel Franck Biya est venu de Issa Tchiroma Bakary, membre du gouvernement, président du FSNC (Front pour le Salut National du Cameroun) et soutien indéfectible du chef de l’État ces dernières années. Issa Thiroma n’a pas manqué de  rappeler que la seule et unique alliance politique du Grand Nord : celle qui la lie au chef de l’État Paul Biya.Après Paul Biya, rien n’engage plus politiquement les régions septentrionales, a-t-il expliqué.

Du côté des chefs traditionnels ; l’on accuse Franck Biya d’avoir créé une certaine hiérarchie dans leurs rangs en tenant compte du haut de son titre de fils de chef d’État, d’élever certains de leurs au détriment de la grande majorité. « C’est plus une question de symbole que de politique. Nous chefs traditionnels, en dehors de la symbolique, n’avons plus la puissance politique d’antan. Le lamido de Rey-Bouba a bien perdu les élections communales à Touboro… Nous sommes un certain nombre à considérer qu’il nous a manqué de respect. Chaque chefferie est autonome, et ce ne sont ni les chefs de Garoua ni ceux de Rey-Bouba qui viendront nous dire de faire ceci ou cela. Si son père avait traité les chefs comme il semble le faire, il n’aurait pas eu leur appui », affirme un chef traditionnel de la région du Nord.

D’ailleurs au lendemain de sa visite Guibai Gatama, président du mouvement 10 millions de Nordistes, un mouvement populaire des trois régions du Nord, de l’Extrême Nord et de l’Adamaoua affirmé que : « nous n’avons, pour l’instant, rien en commun sur le plan politique. Au nom de quoi, de quel programme politique, de quelles perspectives politiques l’aurions nous adoubé à notre propre détriment ? La seule raison pour laquelle nous l’aurions fait, c’est s’il était porteur d’un soutien ferme au retour d’un Nordiste au pouvoir après Paul Biya, dans le cadre de la République ».

Franck Biya doit peut être voir de près ses intentions avant de se relancer dans une prochaine sortie.

Essama Aloubou




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