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Cameroun : pourquoi la lutte contre la corruption bat de l’aile ?

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Malgré les multiples instances de lutte contre la corruption, le fléau continue de faire son bonhomme de chemin. Explications.

La lutte contre la corruption au Cameroun bat de l’aile. Malgré la création de multiples instances de lutte contre la corruption, notamment la Commission Nationale Anticorruption (Conac), le Contrôle supérieur de l’Etat, l’Agence d’investigation financière (Anif), le phénomène ne démord pas.  Et pourquoi ?

Il n’existe pas de loi qui protège les missions des instances de lutte contre la corruption, apprend-on. En plus, ces instances de lutte contre la corruption ne sont pas indépendantes.

Enfin, le décret d’application de l’article 66 de la constitution sur la déclaration des biens tarde encore à être signé.

Et pour tenter de mettre plus d’entrain dans la lutte contre la corruption, le président de   la Commission nationale anticorruption a sollicité l’aide des députés pour un vote éventuel d’une loi acquise à la cause.

Pour cela, des députés membres du Réseau parlementaire pour la lutte contre la corruption (APNAC) se sont rendus le 10 janvier au siège de la Commission nationale anticorruption (Conac).

A cette occasion Dieudonné Massi Gams, le président de la Conac, a plaidé pour l’adoption au Parlement d’une loi contre la corruption. 

« Nous sommes une commission de lutte contre la corruption. Et quand il y a une commission des élus du peuple pour qu’elle travaille avec les structures de lutte contre la corruption, nous disons que cela est bienvenu. Les législateurs permettront qu’il y ait une loi que les parlementaires vont voter pour protéger effectivement la mission qui est celle de la lutte contre la corruption et tout le monde sera impliqué. Si cette loi n’est pas votée et si on n’a pas les textes d’accompagnement pour l’application de l’article 66 de la constitution, ceci risque d’être un coup d’épée dans l’eau », a-t-il plaidé.

Le réel problème étant que toutes les instances de lutte contre la corruption dépendent de la présidence financièrement et administrativement  de la République à laquelle elles soumettent en priorité leurs rapports.  

Et c’est la présidence qui juge de l’opportunité d’engager des poursuites ou non contre les personnes mises en cause. On se souvient par exemple que plusieurs rapports de la Conac et du contrôle supérieur de l’Etat ont épinglés de milliers de gestionnaire de la fortune publique, mais seulement quelques-uns ont été inquiétés.

Sollicités les députés promettent de mener un plaidoyer en faveur du renforcement de la lutte contre la corruption. « Le président de la Conac a posé un certain nombre de problèmes que nous avons enregistrés et qui vont alimenter notre plaidoyer en faveur de la Conac pour le renforcement de son indépendance. Ces problèmes vont également être étudiés dans le sens de construire une convergence nationale autour d’une loi anticorruption au Cameroun », a indiqué le député Essomba Bengono, coordonnateur de l’APNAC.

Essama Aloubou




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