Crise au Benin: « Tout devient possible », une lettre ouverte au Président Patrice Talon

La crise sociopolitique que traverse actuellement le Bénin ne laisse indifférent personne. Pour donc une sortie de crise apaisée, des propositions viennent d’ici et là. Entre autres, une lettre ouverte de Topanou Prudent Victor K. Kouassivi au Président Patrice Talon.

« Tout devient possible » !
Par Topanou Prudent Victor K. Kouassivi
Maître de conférences de Science politique
Université d’Abomey-Calavi
Ancien Garde des Sceaux
Commandeur de l’Ordre National du Bénin
Email : victor.topanou@gmail.com

Monsieur le Président de la République,

J’ai choisi de m’adresser à vous par voie de presse à travers cette lettre ouverte pour vous dire avec le cœur ce que je pense à ce stade de notre vie socio-politique et plaider pour un apaisement de la vie politique nationale. Il est vrai que quand j’ai parlé de mon initiative à certains de mes amis, ils me l’ont tous déconseillée aux motifs que sur la forme, vous n’écoutez personne, ni ceux qui sont proche de vous et encore moins ceux qui, comme moi, sont loin de vous et sur le fond parce que vous serez dans une logique à la Erdogan ou à la Kagame et que donc la recherche de solution à cette crise n’est pas votre préoccupation première. Et pourtant je me suis entêté à le faire.

En choisissant d’intituler cette lettre ouverte, « Tout devient possible » ! c’est un clin d’œil que je fais à notre histoire politique récente et en particulier au Président Robert Dossou qui déclarait en février 1990 sur les antennes de RFI, lorsque la Conférence nationale avait proclamé sa souveraineté que « tout devenait possible » ! : c’était sa façon à lui de conjurer la violence qui pouvait en découler.

Le jeudi 4 avril 2019, cela faisait exactement trois ans que vous avez accédé à la Magistrature suprême. Ce devait être l’occasion de faire le bilan de votre mandat à mi-parcours mais l’actualité pré-électorale est venue l’éclipser. En effet, au cours du Conseil des Ministres du mercredi 3 Avril 2019, votre gouvernement a annoncé que le processus électoral allait se poursuivre avec les deux seuls partis politiques que vous avez créés à savoir, le Bloc Républicain et l’Union progressiste. Ce faisant, vous avez ouvert une crise absolument inopportune qui constitue la goutte d’eau qui a précipité le pays dans une situation pré-insurrectionnelle.

Monsieur le Président de la République,

Cette crise pré-électorale que vous aviez les moyens d’éviter est absolument inopportune parce qu’elle vient en rajouter à une situation sociale déjà extrêmement morose et tendue par vos trois années de gestion des affaires publiques.

En effet, en trois années de gestion, votre bilan socio-économique est difficilement défendable : vous avez déguerpi les plus fragiles ; vous avez limogé beaucoup d’autres, moins fragiles ; vous leur avez supprimé leurs primes, aux fonctionnaires. Pour les plus forts, vous les avez détruits, broyés, humiliés et jetés sur les routes de l’exil, ce même exil que vous avez connu et que vous n’avez ni aimé, ni supporté : je pense à Sébastien Germain Ajavon dont le cas est symptomatique puisque vous refusez même d’exécuter les décisions de la Cour africaine des droits de l’homme qui sont en sa faveur et qu’il a obtenues au prix de lourdes batailles judiciaires. Et pourtant, vous définissiez si justement au cours du débat d’entre deux tour un Etat voyou comme un « Etat qui ne respecte pas les décisions de Justice ». Par votre politique fiscale, vous avez jeté beaucoup d’anonymes, de jeunes opérateurs économiques dans les rues de la sous-région par les nombreux redressements fiscaux fantaisistes de nos services fiscaux ; depuis lors, ils contribuent à la création de la richesse chez nos voisins, qu’il s’agisse du Togo, de la Côte-d’Ivoire, du Mali ou du Burkina Faso.

De plus, les Béninois ont le sentiment, à tort ou à raison, que la richesse nationale est trop inégalement répartie. Ils tiennent ça de l’écart faramineux qui existe entre les salaires, d’une part, de vos différents ministres et cadres que vous avez ramenés de l’extérieur et que vous avez recrutés dans les différentes agences créées par vos soins et, d’autre part, des Béninois vivant à l’intérieur et qui ont tout donné pour hisser le pays à son niveau actuel : ils se sentent méprisés par vous et traités inéquitablement. Pour eux, la démocratie recule parce qu’en plus de tout cela, vous donnez le sentiment de ne respecter les décisions de la Cour constitutionnelle que de façon aléatoire et parcimonieuse.

Par ailleurs, la loi sur l’embauche crée un sentiment de précarité et de fragilité chez les travailleurs.

Et pourtant, quand on voit d’où vous êtes parti, tous les Béninois, sans exception aucune, et moi le premier, auraient souhaité la réussite de votre mandat pour la simple et unique raison que si vous le réussissez, les premiers bénéficiaires seraient nous, les Béninois et le Bénin et vous-même, vous n’en tirerez une quelconque gloire qu’en seconde et dernière position. La réussite de votre mandat aurait donc supposé que les Béninoises et Béninois se sentent juste un peu plus heureux et en sécurité.

Monsieur le Président de la République,

Tout le monde a encore en mémoire vos relations tumultueuses avec votre ami puis adversaire, le Président Boni Yayi tout au long de son second mandat. Il vous a banni, contraint à un peu plus de trois années de dur et pénible exil en France rythmées de procédures judiciaires à rebondissements ; il vous a absout, vous êtes rentré ; il vous a permis de vous présenter à l’élection présidentielle de 2016 et il vous a laissé battre campagne, en toute sécurité ; puis, avec le soutien de quelques autres candidats notamment Sébastien Germain Ajavon arrivé troisième, vous avez réalisé une première dans l’histoire politique et électorale récente de notre jeune démocratie, à savoir être élu au second tour avec près de 70% en étant arrivé deuxième au premier tour. Il vous a passé service puis s’en est allé tranquillement en vous offrant une Bible. Depuis lors, ce Peuple et ce pays qui vous ont tout donné n’attendent de vous qu’un juste retour. Certains ont même cru naïvement et d’autres continuent de croire encore qu’un jour viendra enfin, où vous ouvrirez ces « conteneurs d’argent de Kadhafi » et qu’à ce moment-là, ils prendront leur part, soit à titre individuel soit, à titre collectif à traverS la construction d’infrastructures socio-économiques. Mais au lieu de cela et en plus de la conjoncture socio-économique difficile, vous avez opté pour l’ouverture d’une crise politique et électorale sans précédent en décidant d’aller aux élections législatives de 2019 avec vos seuls fidèles de l’Union progressiste et du Bloc républicain. Même les hypothèses les plus farfelues avancées par les uns et les autres pour expliquer cette crise, à savoir que vous avez conscience que dans le cas d’élections ouvertes, vous perdrez à tous les coups alors que vous auriez besoin d’une majorité confortable pour une révision opportuniste de la Constitution ne suffisent pas à m’en convaincre.

Monsieur le Président de la République,

Cette crise pré-électorale a débuté avec les lois électorales votées et promulguées moins de six mois (septembre-janvier) avant le début du processus électoral en violation des dispositions du Protocole de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance ; elle s’est poursuivie par une Cour constitutionnelle qui change les règles du jeu en cours du jeu en inventant de toute pièce le fameux certificat de mise en conformité et elle s’est durablement installée, d’une part, avec un Ministre de l’Intérieur qui refuse de délivrer les certificats de mise en conformité avec des arguments, tous aussi fallacieux les uns que les autres, et d’autre part, avec une Cena qui concède à certains partis un traitement de faveur en qualifiant de « mineures et de légères » les fautes relevées dans leurs dossiers. Le clou dans cette crise, c’est quand la Cour constitutionnelle, saisie par le PRD pour faire constater que vos deux partis ont bénéficié de faveurs de la part de la CENA, a décidé de ne pas se prononcer sur le fond du dossier et l’authenticité des éléments de preuve produits mais plutôt de ne s’intéresser qu’à comment le PRD a pu les obtenir. Et pour couronner le tout, son action a valu au Président de l’Assemblée nationale, deuxième personnage de l’Etat et Président du PRD, une convocation à la Brigade criminelle, le tout en pleine session parlementaire : le malaise était total. Pensiez-vous très sincèrement que face à de telles maladresses et à de tels abus de pouvoir les partis politiques de l’opposition et leur électorat auraient accepté, les bras croisés, sans rechigner, cette situation de fait ? Je ne le pense pas ; je pense même que les surenchères verbales de votre Secrétaire d’Etat à la défense ne feront que renforcer leur détermination. Et le fait que ce ne soit pas votre Ministre de l’Intérieur qui monte au créneau pour menacer mais votre Secrétaire d’Etat à la Défense, c’est-à-dire, vous-même par procuration, ne présage de rien de bon.

Avez-vous imaginez-vous, ce qu’il serait advenu en 2016 si, le Président Boni Yayi vous avait empêché, par les mêmes méthodes de vous présenter à l’élection présidentielle. Ou encore ce qu’il serait advenu de notre démocratie si le même Yayi Boni avait réussi, par modifications successives des lois électorales, à empêcher l’Union fait la Nation, le PSD, la RB, le PSD et le MADEP d’aller aux élections législatives de 2015 en n’autoriser que les seules listes FCBE et leurs alliées ? Imaginez un seul instant que par manœuvres successives, il eut empêché Adrien Houngbédji d’être élu Président de l’Assemblée nationale au profit de Komi Koutché en 2015 ?

Heureusement que face à tout ceci, il vous a plu, vous-même, de reconnaître que nous étions dans l’impasse ; c’était le mercredi 6 Mars. Ce fut, à mon sens, un vrai acte de courage politique et surtout la manifestation d’un sens très élevé de responsabilité. Sur ces entrefaites, vous avez décidé, opportunément d’ouvrir un processus politique devant conduire à un consensus qui lui-même devait se traduire par de nouvelles lois ; vous en aviez confié la charge au Président de l’Assemblée nationale. Mais pour une fois depuis trois ans, votre majorité à l’Assemblée nationale, le Bloc de la Majorité Présidentielle (BMP) ne vous a pas obéit ; elle n’a pas voté les yeux fermés comme vous le leur aviez demandé le jour du lancement du PAG. Le Député Jean-Michel Abimbola a même cru pouvoir siffler la fin des discussions et décider d’inviter nos concitoyens à se rendre aux urnes le 28 avril. Beaucoup ont pensé, dit et écrit qu’il ne pouvait agir ainsi sans instruction de votre part. Je fais partie de ceux qui naïvement n’ont pas pensé ainsi. Tellement j’étais convaincu que l’échec des députés ne signifiait, en aucun cas, la fin des initiatives présidentielles. Je continue de penser que l’article 68 peut vous permettre de sortir le pays de cette impasse.

Mais que l’Assemblée nationale vous accompagne dans ce qu’il faut bien appeler cette mésaventure ne surprend personne. On la savait majoritairement acquise à votre cause depuis au moins 2016, 2017 quand vous leur avez demandé, maladroitement il faut bien le dire, de voter tous vos projets de lois les yeux fermés.

Monsieur le Président de la République,

Que les membres de votre Gouvernement vous accompagnent dans cette mésaventure, n’a également rien de surprenant, ils ne doivent ce qu’ils sont qu’au fait du Prince.

Mais dans le lot de ceux dont le soutien à ce processus surprend, du fait de leur forte personnalité connue et surtout de leur engagement passé dans la construction de notre jeune démocratie, il y a d’abord, Adrien Houngbédji, Président de l’Assemblée nationale, personnage certes controversé, mais dont la vie peut se résumer à la défense de la démocratie dans notre
pays. Il est juste impensable qu’il ait validé une décision qui élimine sa candidature personnelle et qui élimine de surcroît celle de toute la liste du PRD, parti pour lequel il a consacré toute sa vie, ces trente dernières années. Il y a ensuite, Ousmane Batoko, Président de la Cour Suprême,
pour qui j’ai toujours eu un profond respect, non seulement pour sa force de caractère, sa franchise et son objectivité dans l’analyse de la vie politique béninoise depuis trente ans mais aussi et surtout pour le rôle actif qu’il a joué aux côtés du Président Mathieu Kérékou dans l’avènement pacifique de la démocratie dans notre pays. Il y a enfin Emmanuel Tiando, un homme de principe qui ne peut éternellement se cacher derrière le fait que « la Cena est un organe technique d’exécution des lois et des règlements » pour avaler de telles couleuvres.

Il y a enfin la batterie d’universitaires que vous avez appelés à la rescousse ; ils ont tous, autant qu’ils étaient été maladroits dans leur argumentaire et la sanction sociale à leur égard a été immédiate. Ce qui a été extraordinaire dans leurs développements, c’est leur volonté systématique de vous contredire et de vous désavouer ; ce fut surréaliste et ubuesque à la fois. Alors que vous avez reconnu, vous-même, que nous étions dans une impasse, eux, défilent les uns après les autres sur les plateaux de télévision, dans les studios de radio et dans les colonnes de la presse écrite pour affirmer le contraire et dire qu’il n’y a jamais eu de crise, a fortiori d’impasse : circulez, il n’y a rien à voir. Cela pose tout de même un problème de conscience à moins que comme le suggérait il y a quelques jours le Père Eric Aguenounon dans le titre d’un article récent « ils n’ont jamais aimé le Bénin et ils n’aident pas Patrice Talon » : je finis par le croire aussi.

Monsieur le Président de la République,

C’est la première fois que nous vivons une période pré-électorale aussi tendue qui vous oblige à faire circuler des chars légers au centre des villes avec des militaires armés jusqu’aux dents, sans compter l’épisode jamais démenti de la présence militaire rwandaise et de ses excès. La Police Républicaine est sur-sollicitée pour dissuader et éviter des violences qui elles-mêmes sont évitables. Le bilan humain est déjà trop lourd et est fait de morts et de blessés, même si les chiffres sont toujours contestés. Mais même un mort ou un blessé, c’est toujours un mort et un blessé de trop. Combien de Béninois ces fonctionnaires de la Police Républicaine et ces
militaires pourront-ils arrêter, blesser ou tuer pour permettre au processus électoral de se poursuivre ? Se souviennent-ils seulement qu’ils sont logés, nourris et équipés grâce aux impôts payés par les Béninois et qu’ils n’ont pas été créés pour les arrêter, les blesser et les tuer ? Se souviennent-ils qu’ils ont été créés pour vous aider dans votre noble mission de nous protéger, d’assurer notre sécurité conformément aux dispositions pertinentes des articles 8 et 15 de la Constitution qui disposent aux termes de l’article 8 que « la personne humaine est sacrée et inviolable. L’État a l’obligation de la respecter et de la protéger. Il lui garantit un plein épanouissement. A cet effet, il assure à ses citoyens l’égal accès à la santé, à l’éducation, à la culture, à l’information, à la formation professionnelle et à l’emploi » et aux termes de l’article 15 que « tout individu a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et à l’intégrité de sa personne ». Savent-ils qu’ils verront demain, en cas de bavures, leur responsabilité individuelle engagée et sanctionnée ? Irons-nous voter sous la protection des policiers et des militaires le 28 avril prochain ? Combien de Béninois la Justice va-t-elle juger et enfermer dans les prisons ou jeter sur les voies de l’exil ? Et par finir, avez-vous la conscience réellement tranquille quand vous voyez les militaires dans leurs chars légers, force de défense s’il en est, sillonner les rues de nos villes pour intimider nos concitoyens ? Je n’en suis pas sûr, je ne veux surtout pas le croire.

Monsieur le Président de la République,

Ce dont je suis en revanche sûr, c’est que nous sommes déjà dans ce que j’appelle une situation pré-insurrectionnelle. Mais comme tous les gouvernants du monde entier, du fait de l’isolement du pouvoir, vous ne vous rendez pas compte que votre gestion des affaires publiques a précipité le pays au bord de l’insurrection. En effet, les gouvernants sont tellement coupés du Peuple et de ses réalités qu’ils ne savent plus apprécier ce que j’appelle le « seuil de tolérance » de leur société, entendu comme le niveau à partir duquel le moindre acte, souvent insignifiant, la fait basculer dans la violence : c’est également ce que j’appelle la situation pré-insurrectionnelle et je crains fort que la poursuite du processus électoral est cet acte insignifiant qui fera basculer notre société dans la violence. Je ne le souhaite pas, bien entendu, mais pour qu’il en soit autrement, il ne tient qu’à vous d’arrêter ce processus devenu illégitime.

C’est pour n’avoir pas su apprécier le seuil de tolérance de son Peuple que Blaise Compaoré a quitté le pouvoir un an avant la fin de son mandat. Il invoquait aussi des prérogatives que lui conférait la Constitution de son pays. C’est également pour n’avoir pas su l’apprécier qu’Abdelaziz Bouteflika a dû démissionner quelques jours avant la fin de son mandat. Et
pourtant, il n’a émis que la volonté de briguer un cinquième mandat que pourtant la Constitution de son pays lui permettait : la suite, on la connaît. On pourrait dire la même chose, hier, de la Tunisie de Ben Ali ou encore de l’Egypte de Hosni Moubarak qui jouissaient l’un et l’autre de la légalité la plus parfaite et peut-être aussi d’une certaine légitimité. Plus loin encore, on pourrait également expliquer l’implosion des pays du Bloc de l’Est à savoir, la Roumanie, l’Allemagne de l’Est, la Tchécoslovaquie, la Pologne et autres par l’incapacité de leurs gouvernants à identifier le seuil de tolérance de leurs peuples respectifs. Même des pays très avancés n’arrivent pas toujours à évaluer avec précision le seuil de tolérance de leur société ; je pense à la France qui n’a pas vu venir la crise persistante des « gilets jaunes ».

Monsieur le Président de la République,

Le Père Eric Aguenounon dans un autre de ses articles intitulé « Le Bénin grippé sous Talon mais ne mourra pas ! Des dirigeants politiques puissants, ondoyants et pourtant mortels… » percevait déjà ces signes de dérive inavouée quand il écrivait : « il semble qu’on veuille renouveler toute la classe politique, il semble qu’on souhaite un pays politiquement monocolore pour mieux diriger, il semble qu’on souhaite une démocratie propre au Bénin » !
Mais il poursuit immédiatement par un avertissement : « ne serait-il pas prétentieux de croire que cela soit favorable à la paix, que le Peuple soit si doux et que ce soit juste une partie du peuple qui soit manipulée ? Un peuple pauvre, affamé, analphabète est peut-être fragile, mais constitue une braise ».

Vous n’êtes au pouvoir que grâce à la démocratie, fut-elle imparfaite et vous ne pouvez tout seul remettre en cause ce modèle. Pour y arriver, il vous faudra une très large consultation populaire afin de vous assurer que c’est bien de votre nouveau système non encore dévoilé et exposé que le Peuple qui vous a investi désire. Souvenez-vous toujours que l’on ne peut faire le bonheur d’un Peuple contre sa volonté ; tous ceux qui l’ont pensé avant vous ont échoué.

Monsieur le Président de la République,

Monsieur le Président de la République,

Il est encore temps de bien faire. Ne vous laissez pas submerger par les faucons de votre camp ; vous seul aurez un bilan à défendre ; eux n’ont pas été élus et ne sont responsables devant personne. Que vaut un léger retard dans un calendrier électoral fut-il constitutionnel face à un brasier ? RIEN et vous pouvez toujours interrompre ce processus vicié pour retrouver le sens de la vertu, afin que tout ne devienne pas possible !

Je finirai ma lettre ouverte par cette réflexion du Père Eric Aguenounon au sujet de la fonction présidentielle qui sonne un peu comme une exhortation, un appel ultime au juste retour à la norme. Il écrivait, toujours dans le même article précédemment cité que « la fonction présidentielle ne divise pas, ne poursuit pas. Elle délègue, rassemble, coordonne, garantit l’indépendance des institutions et ne terrorise personne, pas parce qu’elle a, elle-même peur. Mieux, elle protège les libertés publiques, écoute humblement les corps constitués de la Nation, sauvegarde la paix et se met au-dessus des clivages politiques et des règlements de compte. Etre Président de la République…c’est une vocation, un service, un sacrifice » !

Mes salutations respectueuses.

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