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Durée de la transition au Mali: pourquoi les USA prennent position pour la junte

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Le Département d’État américain a annoncé avoir pris acte de l’annonce par le gouvernement de transition du Mali d’un calendrier de transition de 24 mois. Une prise de position qui intervient alors que la CEDEAO maintient ses sanctions à l’encontre des dirigeants maliens et met la pression pour une réduction de la durée de la transition.

Dans un communiqué publié le 9 juin, le Département d’État américain dit prendre « acte de l’annonce par le gouvernement de transition du Mali d’un calendrier de transition de 24 mois débutant en mars 2022« . « Nous exhortons le gouvernement malien de transition à prendre des mesures durables et tangibles en vue de la tenue d’élections, y compris des critères de référence détaillés et l’adoption rapide de la loi électorale. Des processus transparents et inclusifs qui respectent les diverses perspectives et les libertés fondamentales sont essentiels pour construire une base solide pour l’avenir« , précise le communiqué.

La junte militaire au pouvoir au Mali avait initialement fixé la durée de la transition à cinq ans puis à 36 mois, ce qui a provoqué la réaction de la CEDEAO. L’organisation sous-régionale avait pris une batterie de sanctions contre les autorités de la transition.

Le 7 juin dernier, cette durée a été ramenée à 24 mois, selon un décret du président de la transition, le Col Assimi Goïta, lu à la télévision nationale malienne. Pour la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest, c’est un coup d’épée dans l’eau. La CEDEAO maintient sa proposition de 16 mois. Pas sûr que la junte militaire suive cette injonction.

Washington marche des oeufs

En appelant le gouvernement malien de transition à prendre des mesures durables et tangibles en vue de la tenue d’élections, Washington ne semble pas mettre la pression sur Bamako. Au contraire, dans un contexte de guerre de leadership entre la France et la Russie pour être le seul maître à bord au Mali, les États-Unis ont plutôt intérêt à ne pas fâcher les nouvelles autorités du pays, prêtes à se jeter à corps perdu dans les bras russes.

À noter qu’en 2021, le colonel Goïta avait refusé plusieurs fois la demande d’audience de Dennis Hankins, nouvel ambassadeur en poste à Bamako. Le président de la transition du Mali protestait ainsi contre la rupture de la coopération militaire décidée par les États-Unis après le deuxième coup d’État qui a renversé Ibrahim Boubakar Keita. Visiblement, le diplomate américain a vite compris la leçon.

« Nous pensons qu’on a assez discuté des questions de durée; ce qui est important maintenant, c’est de parler du contenu de la transition, du comité de suivi qui a été mis en place, et d’assurer la transparence et la participation(…) Nous avons noté depuis longtemps dans les sondages que les Maliens ont besoin d’un délai un peu (long, ndlr) pour assurer les changements nécessaires. Nous espérons, avant le 3 juillet, qu’ils peuvent terminer les discussions, terminer les questions de modalité. Nous pensons que c’est le moment d’avancer, de travailler« , a déclaré récemment Dennis B. Hankins devant les médias maliens.

La décision des autorités du Mali de fixer la durée de la transition à 24 mois est un message fort adressé aux autres chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO dont la plupart restent mécontents que Assimi Goïta et son équipe puissent ainsi tenir tête à l’organisation sous-régionale malgré les sanctions qu’elle a prises. L’Administration Joe Biden a compris qu’il ne faut surtout pas fâcher les militaires maliens qui ont déjà demandé et obtenu de la France de foutre la camp. Espérons que les dirigeants ouest-africains aussi comprennent le message.




3 comments

  1. Oubliez ces bornés du club de la CÉDÉYAWO; Ils ne font que se protéger entre-eux pour mieux soutenir leur maman la France, sinon du « lait maternel » va leur manquer, et ce n’est pas bien pour leurs santés personnelles 😹
    MAIS ce revirement des USA, 😎 c’est pour faire semblant d’être du côté de la junte et profiter pour bousiller leurs plans de redressement avec leurs propositions qui n’ont jamais fonctionné nulle part cette terre.
    Nous verrons clair leurs manèges, «c’est à l’œuvre que nous reconnaîtrons LES VRAIS AMIS du Burkina Faso ».

    • MON CONSEIL AUX AUTORITÉS DU BURKINA FASO
      Ne refusez pas leur amitié, mais faites attention à leurs propositions ;
      Si vous mettez réellement devant le bien-être et le bonheur du peuple, VOUS RÉUSSIREZ ; mais si vous faites SEMBLANT d’aimer et aider le peuple POUR DES INTENTIONS PERSONNELLES INAVOUÉES, vous échouerez pire que tous vos prédécesseurs.

      _À bon entendeur, demi-mot ! 😎_

  2. MON CONSEIL AUX AUTORITÉS DU BURKINA FASO
    Ne refusez pas leur amitié, mais faites attention à leurs propositions ;
    Si vous mettez réellement devant le bien-être et le bonheur du peuple, VOUS RÉUSSIREZ ; mais si vous faites SEMBLANT d’aimer et aider le peuple POUR DES INTENTIONS PERSONNELLES INAVOUÉES, vous échouerez pire que tous vos prédécesseurs.

    _À bon entendeur, demi-mot ! 😎_

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